La tendance baissière se confirme. En Algérie, les prix des œufs continuent de reculer, aussi bien sur les marchés de gros que sur les étals du commerce de détail. Ces deux derniers jours, les cotations ont de nouveau fléchi. Le mouvement est net, durable et commence à produire des effets contrastés sur l’ensemble de la filière.
Sur les marchés de gros, le plateau de 30 œufs s’échange actuellement entre 390 et 410 dinars. En effet, cela représente une baisse de 50 dinars par rapport à la cotation du 25 janvier. Le recul est encore plus marqué sur une période plus longue, avec une baisse de 100 dinars par rapport au début du mois de décembre. La correction des prix des œufs est donc significative et s’inscrit dans la durée.
Sur les marchés de détail, la même tendance est observée. Les plateaux de 30 œufs sont proposés entre 450 et 480 dinars. Là aussi, les prix affichent un repli de 50 dinars comparativement au 25 janvier. Ainsi, la baisse constatée sur les marchés de gros se répercute clairement jusqu’au consommateur final.
Cette évolution est favorable aux ménages. La diminution des prix des œufs améliore l’accessibilité d’un produit de large consommation, après une période de fortes tensions. Les commerçants de détail en tirent également profit. Les ventes sont plus fluides et la demande reste soutenue. Toutefois, cette situation positive pour l’aval du marché ne l’est pas pour l’amont.
Chez les producteurs, la préoccupation grandit. Les aviculteurs estiment que la baisse continue des prix des œufs constitue un signal avant-coureur d’une crise. À ces niveaux de prix, les petits producteurs basculent déjà légèrement dans le déficit. Les coûts de production, eux, ne reculent pas dans les mêmes proportions. Toute nouvelle baisse pourrait faire plonger l’ensemble de la filière dans une crise de rentabilité.
Les professionnels redoutent un déséquilibre durable. Une chute prolongée des prix fragilise les exploitations les plus vulnérables. À terme, cela peut provoquer des arrêts de production, suivis d’un retournement brutal du marché. Ce scénario, bien connu du secteur, reste une menace réelle.
Quant aux causes de cette baisse, les aviculteurs pointent une hausse significative de la production ces derniers mois. Plusieurs nouvelles unités sont entrées en activité. Par conséquent, le marché peine à absorber l’ensemble des volumes disponibles. Les excédents actuels tirent mécaniquement les prix des œufs vers le bas.
Cette situation pourrait se prolonger. La production continue d’augmenter, tandis que la demande progresse plus lentement. Sans ajustement rapide, la pression sur les prix restera forte, au risque de fragiliser durablement toute la filière.
















