Le baril de Brent a dépassé jeudi la barre symbolique des 100 dollars, à 100,50 dollars, soit une progression de 9,3% depuis le début des hostilités au Moyen-Orient le 28 février. Le brut américain WTI suivait la même trajectoire, à 94,92 dollars, en hausse de 8,8%.
Cette flambée intervient pourtant alors que les grandes puissances ont décidé d’une intervention massive et coordonnée. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé mercredi, à l’unanimité de ses 32 pays membres, la mise sur le marché de 400 millions de barils puisés dans les réserves stratégiques nationales, pour compenser les perturbations liées à la fermeture du détroit d’Ormuz. « Les pays de l’AIE vont mettre 400 millions de barils à la disposition du marché « , a déclaré le directeur exécutif de l’agence, Fatih Birol.
Les États-Unis contribueront à hauteur de 172 millions de barils, soit 40% de leurs réserves stratégiques, injectés progressivement sur une période d’environ trois mois.
Une mobilisation sans précédent, mais insuffisante. Dans un rapport publié jeudi, l’AIE qualifie la situation de « plus importante perturbation de l’offre de toute l’histoire du marché pétrolier mondial ». Les pays du Golfe ont réduit leur production d’au moins 10 millions de barils par jour depuis le blocage du détroit d’Ormuz, soit 8 mb/j de brut auxquels s’ajoutent 2 mb/j de produits pétroliers.
L’Irak, le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont les plus touchés. Avant la guerre, quelque 20 millions de barils transitaient chaque jour par ce passage stratégique. Ce flux est aujourd’hui réduit à un filet. L’AIE anticipe une chute de 8 mb/j de l’offre mondiale en mars, partiellement compensée par une hausse de production en dehors de l’OPEP+, notamment en Russie et au Kazakhstan.
















