Les assurances bondissent de 13,3% au premier trimestre

Les assurances bondissent de 13,3% au premier trimestre
Avec 4,27 millions de contrats souscrits, le secteur privilégie la valorisation des primes à l'expansion quantitative.

Le marché des assurances a connu une progression au premier trimestre 2025. Avec un chiffre d’affaires de 56,9 milliards de dinars, le secteur enregistre une hausse de 13,3% par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données du Conseil national des assurances (CNA).

Cette performance s’accompagne d’un volume de 4,27 millions de contrats souscrits, soit une augmentation de 2,7%. Les chiffres montrent que la croissance provient davantage de la valorisation des primes que de l’expansion du nombre de clients.

Les assurances de dommages dominent largement le marché avec 87,8% des parts. Ce segment a généré 46,7 milliards de dinars sur le trimestre, affichant une progression de 14,8%. Cette performance découle d’une stratégie de repositionnement tarifaire accompagnée d’un enrichissement de l’offre produits.

Les compagnies ont privilégié la valorisation des garanties plutôt que l’expansion quantitative. Cette approche a permis d’optimiser la rentabilité malgré une stabilité du nombre de contrats dans cette branche.

Les assurances de personnes, bien que moins dynamiques, participent également à la croissance globale du secteur. Leur contribution reste cependant secondaire face à la forte progression des dommages.

Une stratégie tarifaire payante

La hausse du chiffre d’affaires résulte principalement d’ajustements tarifaires ciblés. Les assureurs ont procédé à une rationalisation de leurs portefeuilles, particulièrement dans les branches automobile, agricole, transport et crédit. Cette gestion rigoureuse a permis de maintenir l’équilibre financier du secteur.

L’enrichissement de l’offre s’est traduit par une meilleure valorisation des garanties proposées aux clients. Les compagnies ont adapté leurs produits aux besoins du marché tout en préservant leur rentabilité. Cette stratégie contraste avec une approche purement volumétrique. Les assureurs ont privilégié la qualité des contrats à leur quantité, générant ainsi une croissance plus durable.

Un contexte régional favorable

Au Maroc, le secteur affiche également une croissance positive mais plus modérée de 5,5% au premier trimestre 2025. Le marché marocain a collecté 18,2 milliards de dirhams de primes, porté par la branche Vie (+8,7%) et Non-Vie (+3,9%).

En Tunisie, la croissance du secteur des assurances est également soutenue, avec une progression du chiffre d’affaires de 11,5 % sur la même période, atteignant 4,1 milliards de dinars tunisiens. L’assurance vie et capitalisation occupe une place importante, représentant 32 % du marché et enregistrant une hausse notable (+20 %). La diversification de l’offre et la solidité financière demeurent des atouts du marché tunisien.

Cette comparaison souligne la performance particulièrement solide du marché algérien. L’écart de croissance entre les trois pays s’explique par des stratégies tarifaires différentes et des contextes économiques distincts.

IndicateurAlgérie (T1 2025)Tunisie (2024)Maroc (T1 2025)
Croissance CA+13,3 %+10,8 %+5,5 %
CA total56,9 mds DZD3,82 mds TND18,2 mds MAD
Part auto48,2 %39,1 %32 %*
Part vie~12 %30 %33 %
Taux pénétrationN/P2,46 %4,1 %

Un potentiel de 7 milliards de dollars selon AM Best

Cette performance du premier trimestre prend une dimension particulière au regard des analyses de l’agence de notation américaine AM Best. Dans son rapport « Algeria’s Insurance Market Primed for Growth and Expansion » publié en avril 2025, l’agence estime le potentiel du marché algérien à 7 milliards de dollars.

AM Best souligne le paradoxe du secteur algérien : une croissance soutenue pour un marché encore largement sous-exploité. Le taux de pénétration des assurances reste inférieur à 1% du PIB, très en deçà de la moyenne mondiale établie à 6,8%. Cette situation révèle l’ampleur du potentiel de développement.

L’agence identifie plusieurs atouts distinctifs du marché algérien par rapport aux autres pays de la région MENA. La progression de la numérisation des services, les réformes réglementaires en cours et le développement de l’assurance conforme à la charia (takaful) constituent autant de leviers de croissance.

AM Best note cependant des obstacles structurels qui freinent l’expansion. L’absence d’un cadre de solvabilité basé sur les risques complique la surveillance du secteur. Plus fondamentalement, la population perçoit souvent l’assurance comme une taxe supplémentaire plutôt qu’une protection.

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