Réuni mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies a consacré une séance à la situation en Libye, marquée par de préoccupations économiques sur fond d’impasse politique et de fragmentation institutionnelle.
Dans son exposé, la cheffe par intérim de la Mission d’appui des Nations unies en Libye, Stephanie Khoury, a mis l’accent sur la détérioration rapide des indicateurs macroéconomiques. L’absence d’un budget national unifié, combinée à des dépenses publiques non coordonnées entre l’Est et l’Ouest, a contribué à une dépréciation du dinar libyen de 14,7 % pour la deuxième fois en neuf mois. Résultat : une érosion marquée du pouvoir d’achat et un taux de pauvreté estimé à près de 30 % selon certaines évaluations.
La dévaluation enregistrée en janvier 2026 a ramené le salaire minimum à l’équivalent de 135 dollars mensuels, accentuant la pression sur les ménages et favorisant l’expansion de l’économie informelle. Plusieurs intervenants ont pointé la montée des tensions sociales, alimentée par l’inflation, la pénurie de liquidités et les retards de paiement des salaires dans certaines administrations.
Les États membres ont insisté sur la nécessité d’adopter une loi de finances unifiée et de mettre fin aux « dépenses parallèles » opérées hors cadre budgétaire. Les États-Unis ont salué l’accord de « programme de développement unifié » signé en novembre pour soutenir la Compagnie nationale de pétrole et la Banque centrale, appelant les autorités libyennes à franchir une nouvelle étape vers l’unification financière et institutionnelle. La Russie a, de son côté, alerté sur les risques d’explosion sociale si la dégradation économique se poursuit.
Au-delà des chiffres, la crise budgétaire s’inscrit dans un contexte plus large de division politique et judiciaire. La multiplication des décisions contradictoires entre institutions rivales fragilise davantage la gouvernance économique et retarde les réformes structurelles nécessaires à la stabilisation.
Sur le plan sécuritaire, les Nations unies ont mis en garde contre l’expansion des réseaux criminels transnationaux et la persistance des affrontements armés, facteurs supplémentaires d’instabilité pesant sur l’environnement des affaires et les investissements.
En clôture, le représentant libyen auprès de l’ONU, a plaidé pour un recentrage du soutien international sur l’organisation d’élections générales et la fin des phases transitoires, estimant que seule une autorité unifiée, dotée d’une légitimité électorale, pourra restaurer la discipline budgétaire et relancer durablement l’économie.
















