Marché noir des devises en Algérie : une stabilité inédite au « Square »

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Le marché noir des devises en Algérie, communément appelé le « Square », traverse actuellement une phase d’accalmie inédite. Alors que le mois d’octobre est historiquement marqué par une hausse de la demande et une nervosité accrue des cours, le taux de change de l’euro enregistre une stagnation remarquable. Depuis plus d’une semaine, les cotations demeurent parfaitement figées chez les cambistes. Sur ce marché informel, le billet de 100 euros s’échange de manière constante à 27 600 dinars à la vente, tandis qu’il est négocié à 27 350 dinars à l’achat.

Cette stabilité s’explique, selon un cambiste actif dans la wilaya de Béjaïa, par un équilibre remarquable entre l’offre et la demande. Contrairement aux années précédentes, notamment en 2024 et 2025 où l’activité avait fortement bondi à la même période, la demande en devises enregistre cet automne un net recul sous l’effet de plusieurs facteurs conjoncturels.

Le premier levier de ce ralentissement réside dans la contraction du flux de pèlerins pour l’accomplissement de la Omra. Le mois d’octobre constitue habituellement une période charnière où des milliers de citoyens sollicitent le marché parallèle pour constituer leur pécule de voyage. Cette année, les départs sont moins importants et de nombreux séjours sont reportés, ce qui prive le marché informel d’un moteur essentiel de sa liquidité habituelle.

À cette baisse de la demande religieuse s’ajoute un facteur politique majeur qui transforme en profondeur les habitudes des opérateurs économiques et des commerçants habitués au circuit informel. La détérioration puis la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, accompagnées de l’annonce de la suspension prochaine des vols directs entre les deux pays, ont freiné la dynamique des échanges d’affaires. Dubaï représentait jusqu’alors une plaque tournante stratégique pour le commerce d’importation informel et l’approvisionnement en divers biens de consommation.

Incertitude pesant sur l’avenir des liaisons directes

L’incertitude pesant sur l’avenir des liaisons directes a plongé de nombreux hommes d’affaires et importateurs dans un climat d’attentisme rigoureux. L’impossibilité de planifier sereinement leurs déplacements professionnels a entraîné un gel temporaire des opérations et une baisse significative des achats de devises destinés aux voyages d’affaires vers la région du Golfe, retirant ainsi du marché parallèle des volumes considérables de transactions quotidiennes.

Il résulte de cette combinaison de facteurs une configuration inédite où l’offre disponible parvient à absorber sans difficulté une demande affaiblie. Si le dinar maintient sa stabilité sur le marché parallèle en ce milieu d’automne, cette situation reflète la paralysie temporaire de plusieurs circuits d’échange traditionnels. Tant que le paysage diplomatique et commercial régional connaîtra des tensions, le marché informel des devises devrait continuer d’évoluer sous le signe de la prudence et de la stagnation.

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