Mohamed Brahimi, (RedMed) le «self-made man» des pétroliers algériens

Mohamed Brahimi
Mohamed Brahimi : Un métier ne se donne pas, il faut l’arracher ! (Ph Ammar Redouane Bougherbal)

Mohamed Brahimi

« Ne vous inquiétez pas pour la sueur qui perle sur mon front, ce sont les traces des gouttes de pétrole qui m’ont inondé tout au long de ma carrière et que je vous restitue aujourd’hui », plaisante Mohamed Brahimi, en s’épongeant le front, lors de son intervention très remarquée à la conférence Fikra, samedi 8 février à l’hôtel El Aurassi d’Alger.

  Pour sa première prise de parole en public, de l’aveu même de l’intéressé, le foreur de puits de pétrole autodidacte, à l’incroyable parcours dans le secteur des hydrocarbures en Algérie, a fait sensation devant une salle bondée, comblée dès les premières paroles du septuagénaire à la voix douce et affable. « Mon premier poste a été celui d’aide géologue, mais au départ je voulais être mécanicien », avoue celui qui occupe aujourd’hui le poste de senior manager au sein du groupe privé algérien RedMed. A 15 ans, l’enfant d’El Goléa, où se trouve sa « maison en terre et branches de palmier », est donc chargé de préparer les échantillons pour les spécialistes du forage au sein de la compagnie pétrolière hollandaise Shell. « Mais je m’ennuyais, je regardais les matériels de forage avec envie ». C’est ainsi que ses supérieurs l’affectent en 1957 dans la région de Hassi Messaoud, puis d’Ohanet où il assure tour à tour les fonctions d’accrocheur, de second de poste et de maître sondeur de forage.

Pompier des puits de pétrole

« Un métier ne se donne pas, il faut l’arracher », déclare Mohamed Brahimi comme un conseil donné à la nouvelle génération qui lui fait face. C’est ce qu’il a fait pour devenir « pompier » des puits de pétrole. « Il a fallu près de sept mois pour éteindre le feu de gaz et huile de Zarzaïtine », raconte celui qui a participé à la maîtrise de nombreux puits en éruption (« blowout » en anglais) dans les champs pétroliers de Nezla, Hassi-R’mel et Rhourde Nouss. « La flamme faisait 160 mètres de hauteur. Pour la première fois dans l’histoire du pétrole en Algérie, on a fait entrer un appareil de snubbing et c’est comme ça que l’incendie a été maîtrisé », poursuit l’éminent spécialiste en pétrole pour qui, « l’homme se mesure quand il se confronte aux obstacles ». Avant de quitter la scène, Mohamed Brahimi lance un dernier conseil aux jeunes : « Apprenez à partir des erreurs des autres car vous ne les referez plus ».

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