Les importateurs algériens font face à une hausse brutale des coûts logistiques depuis le 2 mars. Les principales compagnies maritimes ont instauré des surcharges d’urgence sur le fret conteneurisé au départ des ports asiatiques, répercutant sur leurs clients l’explosion de leurs charges d’exploitation liée à la fermeture du détroit d’Ormuz.
Ocean Silk Line Co., Ltd, armateur basé à Hong Kong, a notifié ses clients le 3 mars d’une « Emergency Conflict Surcharge » (ECS) applicable à l’ensemble du fret en transit depuis les ports asiatiques : 1 500 dollars par conteneur de 20 pieds, 3 000 dollars par unité de 40 pieds, 4 000 dollars pour les conteneurs réfrigérés et équipements spéciaux. La surtaxe couvre les nouvelles réservations comme les marchandises déjà en mer n’ayant pas encore atteint leur destination finale au 3 mars.

Cet opérateur de taille intermédiaire applique une grille tarifaire proche de celle adoptée par les grands armateurs mondiaux. CMA CGM a instauré une ECS de 2 000 dollars par EVP pour les conteneurs secs de 20 pieds, 3 000 dollars pour les 40 pieds et 4 000 dollars pour les réfrigérés, effective depuis le 2 mars. Hapag-Lloyd a de son côté introduit une War Risk Surcharge de 1 500 dollars par EVP standard et 3 500 dollars pour les réfrigérés et équipements spéciaux. Maersk a annoncé une hausse d’urgence du fret applicable depuis le 2 mars sur l’ensemble des liaisons à destination et en provenance des Émirats arabes unis, du Qatar, d’Arabie saoudite, de Bahreïn, du Koweït, d’Irak et d’Oman.
CMA CGM a par ailleurs suspendu ses liaisons maritimes vers l’Asie et annoncé une hausse des taux FAK applicables du 15 au 31 mars 2026. Pour les opérateurs du Maghreb, les ports algériens figurent parmi les destinations les plus onéreuses du tableau tarifaire actualisé. La compagnie précise que ces tarifs restent soumis à des frais portuaires et sécuritaires additionnels.
Ces surcharges s’ajoutent aux coûts de déroutement. Le contournement par le cap de Bonne-Espérance, seule alternative aux routes de Suez et d’Ormuz, allonge les trajets de dix à quatorze jours, avec des répercussions directes sur les charges d’exploitation des armateurs. Environ 170 porte-conteneurs représentant 450 000 EVP sont actuellement immobilisés dans le Golfe persique.
Selon Linerlytica, les armateurs « publient d’abord leurs tarifs, puis décident s’ils acceptent des réservations. Pour l’instant, aucune visibilité n’existe sur la reprise des bookings », a indiqué le cofondateur Hua Joo Tan.
Pour les importateurs algériens dont les approvisionnements transitent par les ports asiatiques, la surtaxe s’applique mécaniquement, quelle que soit la compagnie retenue. CMA CGM Algérie répercute en parallèle la taxe de 4 % instaurée par la loi de finances 2025 sur ses prestations de fret maritime, ce qui cumule les hausses sur une même facture logistique.















