Le journaliste algérien Mustapha Bendjama a été condamné ce mercredi 4 mars 2026 à un an de prison ferme, assorti d’une amende et d’un dédommagement au Trésor public, à l’issue de son procès en appel devant la Cour de justice d’Annaba. Cette décision représente une aggravation par rapport à la peine initiale prononcée le 15 octobre dernier, qui était d’« un an de prison avec sursis ».
Le parquet général avait requis « deux ans de prison ferme et une amende », tandis que le Trésor public réclamait « 100 millions de centimes de dédommagement pour le préjudice supposé causé à l’État ». La Cour a finalement prononcé une peine d’« un an de prison ferme », marquant un durcissement par rapport à la première instance.
Un procès jugé inéquitable
Mustapha Bendjama a décrit sur son compte Facebook le déroulement de son procès, qu’il juge « contraire aux principes d’un procès équitable ». Selon lui, il n’a disposé que « de deux à trois minutes pour répondre aux accusations » et a été interrompu à deux reprises. Son avocat a été « empêché de plaider normalement » et a subi plusieurs interruptions. L’audience a été suspendue à plusieurs reprises pour juger d’autres affaires, « rompant la continuité des débats et empêchant la défense de s’exprimer pleinement ». Le journaliste évoque également « une pression psychologique manifeste » lors de l’audience.
Ces éléments l’ont conduit à déposer « une plainte administrative contre la présidente de l’audience » et à saisir « le président de la République, le ministre de la Justice et le président du Conseil national des droits de l’Homme » afin de demander le rétablissement de ses droits.
Ancien rédacteur en chef du quotidien Le Provincial, Mustapha Bendjama est poursuivi en vertu des articles 96 et 196-bis 1 du Code pénal pour « mise à disposition du public de publications susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national » et « diffusion d’informations fausses ou tendancieuses ». Il s’agissait de « sa onzième comparution devant un tribunal », après plusieurs poursuites et détentions antérieures, notamment entre février 2023 et avril 2024.
Au-delà de sa situation personnelle, le journaliste insiste sur le respect des droits fondamentaux, affirmant que « les interruptions répétées et l’aggravation de sa peine posent une question de principe sur le fonctionnement de la justice ».















