Dans la dernière livraison du bulletin mensuel de l’OAPEC, son secrétaire général Jamal Issa Al-Loughani estime que le marché pétrolier s’achemine vers une année 2026 marquée par un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande.
L’analyse repose sur un diagnostic désormais partagé par la plupart des observateurs du secteur. La demande mondiale devrait progresser de 1,4 million de barils par jour, selon les projections de l’OPEP. Un rythme modéré, tiré essentiellement par les Amériques. L’Europe affichera une croissance plus faible, tandis que la zone Asie-Pacifique continuera de décélérer sous l’effet conjugué de l’électrification du parc automobile et du recours croissant au GNL dans les transports.
Un afflux de production hors OPEP+
En face, l’offre des pays non membres de l’OPEP+ va augmenter plus vite. De nouveaux projets offshore en Amérique latine et dans le golfe du Mexique entreront en production. Les États-Unis continueront d’accroître leurs volumes de liquides de gaz naturel. L’Argentine développe son pétrole de schiste, le Canada ses sables bitumineux. L’Amérique du Sud représentera à elle seule près des deux tiers de cette hausse.
Ce décalage crée, selon Al-Loughani, un surplus structurel qui devrait plafonner les cours. Le secrétaire général juge peu probable que le baril dépasse les 70 dollars dans un avenir proche. Une analyse partagée les grandes institutions, le FMI, entre autres qui table sur 62 dollars en moyenne en 2026, ou encore l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) qui prédit 55 dollars pour le Brent.
Au-delà des fondamentaux, l’OAPEC pointe un environnement plus incertain. Il cite entre autres, le ralentissement des investissements dans les renouvelables, la fragmentation des flux commerciaux sous l’effet des tensions géopolitiques et une demande nouvelle liée aux centres de données. Autant de facteurs qui compliquent l’équation traditionnelle du secteur entre sécurité d’approvisionnement, transition énergétique et maîtrise des coûts.
















