Le ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique a plaidé mercredi à Alger pour un partenariat approfondi entre les deux pays, dépassant le simple modèle fournisseur-client au profit d’une coopération productive commune.
Le temps du schéma traditionnel d’approvisionnement énergétique est révolu. Intervenant lors de la conférence “Afrique du Nord-Relier les continents, créer des opportunités” organisée par la Banque d’Algérie et le FMI, à Alger, Gilberto Pichetto Fratin a défendu une vision renouvelée du partenariat italo-algérien, rapporte le quotidien en ligne italien Nova News.
Le ministre a estimé que la relation bilatérale, construite sur des décennies de coopération, doit désormais franchir une nouvelle étape. Reprenant l’image du pont évoquée par Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, il a positionné l’Algérie et l’Italie comme les deux piliers d’une connexion stratégique entre l’Afrique et l’Europe, répondant à une logique continentale plutôt que strictement bilatérale.
Dépasser la relation commerciale classique
Selon Pichetto Fratin, le défi consiste à évoluer vers une intégration commune capable de générer de la croissance des deux côtés de la Méditerranée. Cette approche s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei, l’initiative italienne de coopération renforcée avec l’Afrique axée sur le développement industriel et les investissements infrastructurels.
Le responsable italien a souligné l’interdépendance structurelle entre Europe et Afrique, estimant que la transformation économique européenne, accélérée par la crise russo-ukrainienne, ne peut se concevoir indépendamment du développement africain. Il a appelé à accélérer les procédures décisionnelles pour s’adapter à un contexte économique plus dynamique.
Hydrogène, électricité et gaz : plusieurs corridors en projet
Le ministre a évoqué plusieurs projets concrets d’interconnexion. Le Corridor Sud de l’hydrogène d’abord, pensé comme une plateforme intégrant l’Algérie, l’Italie et d’autres pays européens dont l’Allemagne, fait l’objet de premières évaluations techniques.
Sur le plan électrique, Rome soutient le câble sous-marin Tunisie-Italie, qui deviendrait la première interconnexion électrique sous-marine méditerranéenne avec l’appui de Bruxelles. En parallèle, le projet Medlink prévoit une liaison directe entre l’Algérie et le nord de l’Italie, connectant l’énergie africaine au cœur industriel européen.
Pichetto Fratin a également mentionné le gazoduc transafricain Nigeria-Algérie, jugé techniquement réalisable et stratégique pour les marchés européens. Il a toutefois insisté sur la nécessité de développer des capacités productives locales en Afrique, au-delà des seules infrastructures, pour créer emplois et valeur ajoutée.
Le ministre a conclu en rappelant que garantir l’accès à l’électricité aux quelque 600 millions d’Africains qui en sont privés constitue l’un des leviers les plus efficaces pour favoriser la croissance et réduire les migrations forcées. Une vision qui place l’énergie au centre d’une stratégie d’intégration économique et sociale entre les deux continents.
















