L’indice FAO des prix alimentaires a marqué un tournant en février 2026 en enregistrant une hausse de 0,9 %, mettant ainsi fin à une période de repli de cinq mois sur les marchés internationaux. Ce rebond, qui porte l’indice de référence à 125,3 points, est principalement alimenté par le renchérissement du blé et des huiles végétales, deux produits stratégiques pour la sécurité alimentaire de l’Afrique du Nord.
Les pays du Maghreb, structurellement dépendants des marchés mondiaux pour leurs approvisionnements de base, suivent de près cette évolution, même si leurs niveaux d’exposition diffèrent selon les filières.
Tension sur les céréales
Le secteur des céréales a vu ses prix progresser de 1,1 %, une hausse largement tirée par le blé, dont les cours ont bondi de 1,8 % en un mois. Cette tension s’explique par des gelées en Europe et aux États-Unis ainsi que par des perturbations logistiques persistantes dans la région de la mer Noire. Pour l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, grands importateurs de blé tendre, cette évolution est particulièrement sensible. Si l’Algérie progresse vers l’autosuffisance en blé dur, la hausse des prix internationaux du blé panifiable demeure un enjeu central pour l’ensemble du Maghreb.
Les huiles végétales en forte hausse
Le segment des huiles végétales a enregistré la progression la plus importante, avec une hausse de 3,3 % qui porte l’indice à son plus haut niveau depuis l’été 2022. L’huile de palme a été stimulée par une baisse saisonnière de la production en Asie du Sud-Est, tandis que les huiles de soja et de colza ont suivi la même trajectoire ascendante.
Dans ce contexte, l’Algérie se distingue par une résilience accrue. Grâce à la montée en puissance de son industrie de trituration, le pays couvre désormais l’essentiel de ses besoins en huiles raffinées, ce qui réduit son exposition directe aux fluctuations des cours mondiaux. Le Maroc et la Tunisie, qui importent davantage d’huiles prêtes à l’usage, restent en revanche plus vulnérables à cette hausse.
Evolutions contrastées sur d’autres produits
Les autres commodités affichent des dynamiques variées. L’indice de la viande progresse de 0,8 %, porté par des prix ovins à des niveaux records. Le sucre recule de 4,1 % grâce à des perspectives d’offre mondiale abondante, tandis que les produits laitiers diminuent de 1,2 %, une évolution favorable aux pays du Maghreb, gros importateurs de lait en poudre.
L’horizon 2026 reste toutefois marqué par les prévisions de la FAO, qui anticipe une baisse de 3 % de la production mondiale de blé. À cela s’ajoutent les risques d’escalade au Proche-Orient susceptibles d’alourdir les coûts de l’énergie et des engrais, deux composantes essentielles de la production agricole mondiale.
















