Contrairement aux attentes des consommateurs, les prix du poulet restent élevés en Algérie après la fin du mois de Ramadhan et de l’Aïd El Fitr. Habituellement, cette période est marquée par une baisse des prix. Cette année, la tendance est tout autre. Le marché continue d’afficher des niveaux record.
En effet, le pic enregistré durant le mois sacré demeure d’actualité. Sur le marché de gros, le poulet vivant se négocie entre 315 et 340 dinars le kilogramme. Dans le détail, certains opérateurs évoquent même des prix oscillant entre 340 et 360 dinars. Il s’agit des niveaux les plus élevés observés ces dernières semaines.
Cette situation surprend de nombreux ménages. En temps normal, la demande recule après le Ramadhan. Par conséquent, les prix de la volaille baissent progressivement. Cependant, plusieurs facteurs expliquent le maintien de cette tension sur le marché.
D’abord, les stocks ont fortement diminué durant le mois sacré. La demande pour la viande blanche a été particulièrement soutenue. « La demande pour le poulet a été importante pendant le mois sacré. Les aviculteurs étaient obligés de vendre parfois leur production avant maturité afin de répondre à la forte demande », explique un professionnel du secteur. Il ajoute : « Cette démarche a contribué à l’épuisement des stocks disponibles ».
Ensuite, l’intervention de l’État joue également un rôle dans cette dynamique. Pendant le Ramadhan, les pouvoirs publics ont injecté d’importantes quantités de poulet congelé sur le marché via ONAB. L’objectif était de stabiliser les prix et de protéger le pouvoir d’achat.
Toutefois, après la fin du mois sacré, cet organisme public procède à la reconstitution de ses stocks. Il achète ainsi du poulet sur le marché local. Cette demande supplémentaire exerce une pression haussière sur les prix. Par conséquent, l’équilibre du marché reste fragile.
Par ailleurs, un autre facteur accentue cette tendance. Il s’agit de la reprise progressive de l’activité de restauration. Après environ 40 jours de ralentissement liés au Ramadhan et à l’Aïd, les restaurants relancent leurs commandes. Cette reprise stimule la demande en poulet, ce qui contribue à maintenir les prix à un niveau élevé.
Au final, le marché de la volaille reste sous tension en ce début de printemps. Les perspectives d’une baisse des prix dépendront principalement de la reconstitution des stocks et de l’évolution de la demande dans les prochaines semaines.


