Les inondations qui frappent le nord du Maroc depuis une semaine ont provoqué un déplacement massif de populations. Selon les autorités locales, plus de 150 000 personnes ont été contraintes de fuir leur logement en l’espace de quelques jours, alors que de violents épisodes pluvieux ont touché plusieurs provinces du pays.
Le bilan provisoire fait état de quatre morts, dont un enfant de deux ans, et d’un disparu. Les intempéries ont particulièrement affecté les provinces de Tétouan, Sidi Kacem et Ksar El Kebir, où des quartiers entiers se sont retrouvés submergés en quelques heures, piégeant des familles dans leurs habitations et nécessitant des évacuations d’urgence.
Près de Kénitra, dans le nord-ouest du pays, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont mis en place un immense camp provisoire pour accueillir les sinistrés. « À perte de vue, de petites tentes bleues abritent désormais plus de 7 800 familles, soit environ 38 700 personnes, contraintes de quitter leurs maisons en raison de la montée des eaux » rapportent des sources médiatiques.
Dans ce campement, l’incertitude domine. « On ne sait pas quand on va pouvoir rentrer », témoignent des déplacés cités par des médias internationaux. Beaucoup racontent avoir tout quitté en quelques minutes, parfois au milieu de la nuit.
Dans son village de l’ouest du Maroc, Kasia El Selami, 67 ans, a compris qu’il fallait fuir lorsque les haut-parleurs de la mosquée ont appelé les habitants à évacuer face à l’aggravation des intempéries. « Nous avons ressenti une grande peur, surtout pour nos enfants », confie-t-elle à l’AFP, décrivant une évacuation précipitée suivie d’un refuge dans le camp provisoire, sans visibilité sur un éventuel retour.
Alors que les opérations d’assistance se poursuivent, la vigilance reste de mise. La Direction générale de la météorologie (DGM) a annoncé de nouvelles perturbations, avec de fortes pluies, des averses orageuses accompagnées de risques de grêle et de puissantes rafales de vent prévues de dimanche à mardi dans plusieurs provinces. Les autorités appellent la population à la plus grande prudence face à un risque d’inondations toujours élevé.
















