Sécurité sanitaire : l’Afrique trace sa voie vers l’autonomie depuis Alger

Sécurité sanitaire : l’Afrique trace sa voie vers l’autonomie depuis Alger
Les hôpitaux algériens dépendent encore largement des médicaments importés, malgré les efforts de relance de la production locale. (DR)

Alors que la pandémie de Covid-19 a révélé la vulnérabilité du continent face aux ruptures d’approvisionnement, l’Afrique franchit une nouvelle étape vers son autonomie pharmaceutique. Réunis à Alger, 29 pays ont adopté une déclaration ambitieuse visant à renforcer la production locale de médicaments, harmoniser les réglementations et consolider la sécurité sanitaire. En parallèle, l’Algérie a scellé deux nouveaux partenariats stratégiques avec le Sénégal et la Tanzanie, confirmant son rôle moteur dans la construction d’un espace pharmaceutique africain intégré.

Adoptée vendredi, la « Déclaration d’Alger » marque une étape majeure dans la quête continentale d’une souveraineté sanitaire durable. Fruit de deux jours d’échanges entre ministres de la Santé, de l’Industrie pharmaceutique et représentants d’organismes africains et internationaux, ce texte établit une plateforme commune destinée à réduire la dépendance du continent aux importations de médicaments et de technologies de la santé.

Lue par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, la Déclaration énumère 13 engagements collectifs, visant à structurer une vision africaine partagée pour renforcer les systèmes de santé, développer des capacités de production locales et améliorer l’accès aux produits pharmaceutiques essentiels.
Elle s’inscrit dans le cadre des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en tirant les leçons des perturbations engendrées par la pandémie de Covid-19 et de la fragilité des chaînes mondiales d’approvisionnement.

Sécurité sanitaire : l’accent sur la production locale et l’intégration réglementaire

Au cœur de la Déclaration, les pays participants mettent en avant la sécurité sanitaire comme priorité stratégique. Les engagements portent notamment sur : le renforcement des pôles africains de fabrication de médicaments et de vaccins, en exploitant les opportunités offertes par la ZLECAf, l’amélioration de la coopération entre agences nationales de régulation, via l’Agence africaine du médicament (AMA) et le Programme d’harmonisation de la réglementation pharmaceutique en Afrique, l’adoption de standards de qualité unifiés pour garantir sécurité, efficacité et disponibilité des produits, le soutien à la reconnaissance mutuelle des décisions réglementaires dans les regroupements régionaux, afin de faciliter un accès rapide aux médicaments essentiels, l’encouragement de la recherche et de l’innovation, en renforçant les liens entre universités, instituts scientifiques et industrie pharmaceutique et le recours à de nouveaux mécanismes de financement, mobilisant la BAD, Afreximbank et la BID, pour soutenir producteurs et acheteurs africains.

La Déclaration met également l’accent sur la mise en place d’un mécanisme continental d’achat unifié, afin d’assurer la stabilité de la demande, réduire les coûts grâce aux économies d’échelle et garantir l’accès équitable aux médicaments et équipements médicaux.

Les pays signataires saluent par ailleurs les avancées de l’Algérie, qui couvre désormais plus de 82 % de ses besoins pharmaceutiques par la production locale, un exemple présenté comme moteur dans la construction d’une autonomie sanitaire africaine.

Accords algériens avec le Sénégal et la Tanzanie : un pas concret vers l’intégration réglementaire africaine

En marge de l’adoption de la Déclaration d’Alger, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) a signé deux accords de coopération majeurs avec ses homologues du Sénégal et de la Tanzanie.

Les signatures ont été effectuées au CIC Abdelatif Rahal, en présence des ministres de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique des pays participants.
Ces accords visent à : renforcer la coopération réglementaire, faciliter l’échange d’informations scientifiques, harmoniser les normes, partager les expertises et progresser vers une reconnaissance mutuelle des autorisations et certificats pharmaceutiques.

Le premier mémorandum d’entente a été signé par le DG de l’ANPP, Chérif Delih, et son homologue sénégalais, Alioune Ibnou Abou Talib Diouf.
Le second, conclu avec le DG de l’Autorité tanzanienne des médicaments (TMDA), Adam Mitangu Fimbo, renforce la coopération bilatérale autour de la sécurité sanitaire et des dispositifs médicaux.

Selon M. Delih, ces engagements ouvriront la voie à une montée en puissance de l’industrie pharmaceutique algérienne sur les marchés africains :

« Ces accords permettront l’échange d’informations, la formation des experts, l’harmonisation des normes et, à terme, la reconnaissance mutuelle. Ils s’inscrivent dans notre démarche visant à accroître la reconnaissance internationale de la qualité des produits pharmaceutiques nationaux. »

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