Depuis plusieurs mois, des dizaines d’entreprises travaillant avec Sonelgaz tirent la sonnette d’alarme. Dans plusieurs wilayas du pays, des prestataires affirment ne pas avoir été payés pour des travaux déjà réalisés, malgré des conventions et des contrats signés avec la société nationale de l’électricité et du gaz. La lettre adressée le 4 mars 2026 par un groupe d’entreprises à la direction de distribution de Boumerdès illustre une situation qui dépasse largement le cadre local et qui semble désormais prendre une dimension nationale.
Dans ce courrier, les signataires rappellent qu’une première réclamation avait déjà été déposée. « Nous vous rappelons qu’une première réclamation relative au non-paiement de nos factures a été adressée… la présente correspondance tient lieu de rappel », écrivent-ils. Plus loin, ils décrivent une situation qui dure : « jusqu’à ce jour, nous continuons à exercer nos activités dans les mêmes conditions, sans aucune amélioration ».
Des mois d’attente et des entreprises sous pression
Sur le terrain, la situation devient difficile pour de nombreux entrepreneurs. Salaires des employés, charges sociales, fournisseurs : les dépenses continuent alors que les factures restent en attente.
Dans leur lettre, les entreprises évoquent même le rejet de certaines factures déposées en 2025 et 2026. « Les factures déposées à partir des mois de mai et juin 2025 restent rejetées », indiquent-elles. Pour plusieurs prestataires, ces blocages administratifs créent une pression financière croissante, surtout pour les petites structures qui dépendent fortement des marchés publics ou des contrats avec les grandes entreprises nationales.
Ce qui ressort des témoignages d’entrepreneurs dans différentes régions, c’est l’impression d’un problème qui dépasse une simple direction locale. Pour beaucoup, la situation touche plusieurs wilayas et concerne un grand nombre de sous-traitants travaillant avec Sonelgaz.
Le casse-tête de la TVA
Au cœur du différend se trouve également la question de la TVA. Les entreprises expliquent que leurs factures ont été établies conformément aux contrats signés, c’est-à-dire en toutes taxes comprises. Mais certaines directions auraient demandé que ces factures soient refaites hors taxes, en se référant à l’article 92 de la loi de finances 2026.
Les signataires contestent cette interprétation. Dans leur lettre, ils affirment que cette disposition « ne saurait autoriser les services de Sonelgaz à rejeter les factures établies en toutes taxes comprises ».
Le paradoxe, selon plusieurs entrepreneurs, est qu’ils doivent continuer à s’acquitter de leurs obligations fiscales, notamment la TVA, alors même qu’ils n’ont pas encore reçu le paiement de leurs prestations.
Entre inquiétude et espoir d’une solution
Face à cette situation, certains entrepreneurs commencent à évoquer des mesures plus radicales. L’idée d’un boycott des appels d’offres circule déjà dans plusieurs discussions entre prestataires.
Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient. Un entrepreneur écrit :
« Je suis aussi un entrepreneur ! Cette initiative est assez bonne ! Mais si vous êtes vraiment sérieux, il vaut mieux boycotter les soumissions… c’est la seule solution pour se faire entendre. »
Pour beaucoup d’entreprises, l’objectif reste cependant clair : trouver rapidement une solution pour débloquer les paiements et éviter que la situation ne se transforme en crise durable entre les sous-traitants et l’un des plus grands groupes publics du pays.
















