Le Japon, la France et le Canada, membres du G7, développent des options alternatives à l’initiative commerciale menée par les États-Unis afin de garantir l’approvisionnement en minéraux critiques et de réduire la dépendance envers la Chine.
Ces discussions interviennent dans un contexte où la Chine contrôle plus de 90% du marché mondial des terres rares, des métaux essentiels pour la fabrication des téléphones portables, des véhicules électriques et des armes high-tech. Pékin a imposé l’année dernière des restrictions à l’exportation en riposte aux tariffs américains, accentuant les tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les officiels des trois pays, cités par Reuters, évoquent plusieurs mécanismes pour diversifier les sources : quotas d’importation sur certains métaux, subventions aux entreprises minières et création d’un « club des acheteurs » sous leadership canadien. Cette approche vise à bâtir une chaîne d’approvisionnement fiable hors de Chine et à briser son monopole.
Positions des pays impliqués
Le Japon encourage ses industries manufacturières à conclure des partenariats commerciaux avec des projets de terres rares financés conjointement avec des alliés comme la France, l’Australie et le Canada, selon Toyoyuki Hatada du ministère japonais du Commerce et de l’Industrie, interrogé lors d’une conférence minière à Toronto (Reuters). « Elles ne sont peut-être pas les moins chères, mais l’industrie comprend désormais l’équilibre entre risque et prix, rendant ces projets viables », a-t-il déclaré (Reuters).
De son côté, Benjamin Gallezot, délégué interministériel français pour l’approvisionnement en minéraux stratégiques, estime que la proposition américaine est une option parmi d’autres : « Il n’y aura pas de politique générale, c’est notre vision. Cela doit être construit avec un large nombre de pays, pas seulement le G7 » (Reuters). La France propose un système de quotas et une obligation de diversification pour certains secteurs, tout en soutenant l’idée canadienne d’une alliance des acheteurs qu’elle portera lors de sa présidence du G7 cette année.
Le Canada intègre l’Australie dans son alliance pour la production de minéraux critiques et pilote ces initiatives au sein du G7.
Ces efforts multilatéraux soulignent une volonté de sécuriser des ressources vitales pour la transition énergétique et les technologies avancées, sans se limiter à l’axe américano-centré. La Maison Blanche n’a pas réagi . Alors que la demande en terres rares explose, cette coopération G7+ pourrait stabiliser les marchés tout en atténuant les risques géopolitiques liés à la domination chinoise.
















