Le président américain Donald Trump a annoncé lundi l’imposition immédiate d’un droit de douane de 25 % sur toutes les transactions commerciales avec les États-Unis pour tout pays continuant à commercer avec l’Iran. Présentée comme “définitive”, cette mesure étend les sanctions américaines au-delà de Téhéran et place ses partenaires commerciaux devant un choix contraignant entre l’accès au marché américain et le maintien de leurs échanges avec la République islamique, illustrant la montée en puissance de la dimension géopolitique dans le commerce international.
L’annonce de Trump intervient dans un contexte iranien particulier. Après plusieurs semaines de manifestations anti-régime d’une ampleur inédite, les autorités semblent avoir repris le contrôle en organisant une grande mobilisation pro-pouvoir, tandis que les protestations hostiles ont reculé sous l’effet de la répression et des arrestations massives. Ce regain de contrôle, obtenu au prix d’un lourd bilan humain selon les ONG, n’a pas desserré l’étau économique et diplomatique qui pèse sur le pays.
Cette situation explique sans doute la décision de Trump de tenter d’étrangler davantage l’économie iranienne, en exerçant une pression indirecte sur ses partenaires commerciaux.
La Chine en première ligne
Sur le plan commercial, certains pays se distinguent par l’importance de leurs échanges avec l’Iran et leur dépendance au marché américain. La Chine figure en première ligne, avec plus de 22 milliards de dollars d’exportations iraniennes vers Pékin et près de 15 milliards de dollars d’importations chinoises depuis Téhéran en 2022, dont plus de 80 % en pétrole. L’Inde, bien que moins engagée, a enregistré un commerce bilatéral d’environ 1,34 milliard de dollars sur les dix premiers mois de 2025, incluant produits agricoles et pharmaceutiques.
La Turquie maintient également des échanges importants avec l’Iran, estimés à 5,8 milliards de dollars d’exportations iraniennes vers Ankara et 6,1 milliards de dollars d’importations turques depuis Téhéran en 2022. Les Émirats arabes unis et l’Irak complètent ce groupe de partenaires fortement exposés, tandis qu’en Amérique latine le Brésil se distingue par ses exportations agricoles et de fertilisants vers l’Iran, même si ces flux restent modestes comparés aux échanges asiatiques.
L’Algérie peu exposée
Pour l’Algérie, les conséquences économiques directes de cette décision demeurent marginales. Les échanges bilatéraux existent, mais restent très faibles et sans poids stratégique pour l’économie nationale. Les exportations algériennes vers l’Iran ont été quasi nulles ces dernières années, tandis que les importations iraniennes vers Alger n’ont atteint que quelques millions de dollars. Même si la décision américaine envoie un signal politique clair, son impact économique direct sur l’Algérie reste négligeable.
En élargissant le champ des sanctions aux pays tiers, l’administration américaine confirme l’usage croissant du commerce comme instrument de politique étrangère. La Chine, qui a déjà montré sa capacité à riposter à grande échelle, dispose des moyens pour résister à cette forme de chantage fiscal. Ce n’est pas le cas pour la plupart des autres pays exposés. L’épée de Damoclès que brandit Trump démontre que commercer avec l’Iran n’est plus un simple choix économique, mais un enjeu stratégique aux implications politiques et diplomatiques majeures.
















