En marge du Conseil exécutif de l’Union africaine à Addis-Abeba, le ministre nigérian des affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, a révélé, dans des déclarations exclusives à Algeria International, l’étendue des discussions bilatérales engagées avec l’Algérie.
Les deux pays ont d’abord évoqué le gazoduc transsaharien (TSGP), ce pipeline de 4 200 kilomètres estimé à 13 milliards de dollars qui doit acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le Niger et l’Algérie. Le projet, relancé par la signature de trois accords à Alger en février 2025, est entré dans une phase active avec la mise à jour de l’étude de faisabilité.
Au-delà de l’énergie, le ministre Tuggar a souligné la convergence sécuritaire entre les deux capitales. Alger et Abuja entendent coordonner leur action au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’UA face au terrorisme et aux crises au Soudan, au Soudan du Sud, en RDC et en Somalie. Fait notable, les deux parties s’accordent pour réactiver l’ancienne convention africaine sur les mercenaires, estimant qu’il ne devrait y avoir « aucune présence de mercenaires en Afrique, sous quelque forme que ce soit », un message à peine voilé alors que sociétés militaires russes et entreprises de sécurité occidentales prolifèrent sur le continent.
« Nous parlons d’une seule voix », a résumé M. Tuggar, ajoutant que l’Algérie et le Nigeria « ne se ressemblent pas uniquement par le nom » mais « partagent des visions proches et une approche similaire de la politique mondiale ».
















