Une “route algérienne” persistante vers l’Espagne malgré la baisse des arrivées dans l’UE (Frontex)

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Une baisse des arrivées en Europe de 52 % en janvier-février en raison des conditions climatiques mais la “ruta argelina” vers l’Espagne reste “active” selon Frontex

Alors que l’Union européenne enregistre une forte baisse des franchissements irréguliers en ce début d’année, l’Algérie continue de jouer un rôle important dans les flux migratoires vers l’Espagne.

Selon Frontex, « le nombre de détections a fortement chuté au cours des deux premiers mois de 2026, diminuant de 52 % par rapport à la même période de l’année précédente », avec « près de 12 000 franchissements irréguliers enregistrés » .


Cette diminution s’explique en grande partie par les conditions météorologiques hivernales. L’agence souligne que « des conditions météorologiques sévères sur les principales routes migratoires vers l’Union européenne ont continué de contribuer à la tendance à la baisse ». Mais derrière ce recul global, la route reliant l’Algérie aux côtes espagnoles reste active, les Algériens figurant parmi « les nationalités les plus fréquemment enregistrées ».


Une recomposition des flux migratoires


Si la Méditerranée centrale reste « la route la plus empruntée, représentant près de 30 % de l’ensemble des entrées irrégulières dans l’UE », elle connaît un net ralentissement. Certaines voies enregistrent même des reculs encore plus marqués, comme la route ouest-africaine, où les détections ont chuté de « 83 % par rapport aux deux premiers mois de 2025 ».
Dans ce contexte, la stabilité relative de la route occidentale, reliant l’Algérie à l’Espagne, illustre un déplacement progressif des flux vers des itinéraires moins massifs mais toujours actifs.


Une accalmie trompeuse


Malgré la baisse du nombre d’arrivées, le coût humain reste élevé. Frontex relève que « le nombre d’arrivées irrégulières continue de diminuer, mais le coût humain ne cesse d’augmenter », rappelant que près de 660 personnes ont déjà perdu la vie en mer au cours des deux premiers mois de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations.
L’agence met également en garde contre les passeurs : « les réseaux criminels de passeurs sont pleinement conscients des risques » et continuent d’envoyer des migrants « à bord d’embarcations non navigables malgré tout, parce qu’il y a de l’argent à gagner » .
Enfin, Frontex note que « l’aggravation de la situation au Moyen-Orient risque d’alimenter les déplacements de population dans les mois à venir », tout en précisant que cela « n’a pas encore eu d’effet notable » aux frontières de l’UE .

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