Volkswagen prépare une restructuration majeure : 100 000 emplois pourraient être supprimés

Le géant allemand Volkswagen prépare une restructuration d'une ampleur historique qui pourrait conduire à la suppression de 100 000 emplois dans le monde d'ici à 2030 et à la fermeture de plusieurs usines en Allemagne. Si le Maghreb n'est pas directement concerné, un ralentissement durable de la production du constructeur pourrait affecter, à terme, une partie des équipementiers et sous-traitants automobiles installés au Maroc et en Tunisie

Maghreb Emergent
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Une chaîne de montage des modèles Golf VIII et Tiguan au siège de VW à Wolfsburg: une saignée en préparation chez le géant allemand

Ce chiffre, cité par Manager Magazin, est près de trois fois supérieur aux 35 000 suppressions de postes déjà actées fin 2024 et témoigne de l’aggravation de la crise qui frappe le premier constructeur automobile européen. Selon le magazine économique allemand, qui cite les conclusions d’une réunion de direction tenue le 24 juin à Wolfsburg, le groupe prépare un vaste plan de transformation qui sera présenté au conseil de surveillance le 9 juillet.

Sollicité par plusieurs médias, Volkswagen n’a pas démenti ces informations, se limitant à indiquer qu’il ne commentait pas des documents internes, tout en reconnaissant que le groupe devait mener une « transformation en profondeur » face à une conjoncture devenue beaucoup plus difficile.


Le constructeur explique subir simultanément l’impact des nouveaux droits de douane, d’une concurrence internationale plus agressive et de marchés automobiles stagnants, voire en recul. Selon le groupe, ces facteurs représentent désormais des coûts supplémentaires de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an.


La Chine, principal facteur de la crise


La détérioration de la situation est particulièrement visible en Chine, longtemps premier marché de Volkswagen. Les ventes du groupe y ont reculé de 15 % au premier trimestre, sous la pression croissante des constructeurs chinois, désormais très compétitifs dans les véhicules électriques et de plus en plus offensifs sur les marchés internationaux, y compris en Europe.


Les États-Unis constituent un autre point faible avec une baisse de plus de 20 % des ventes sur la même période. Malgré des performances plus solides dans d’autres régions, celles-ci ne suffisent plus à compenser le recul des deux principaux marchés du groupe.


Bras de fer avec les syndicats


Le plan étudié prévoirait également la fermeture progressive de quatre sites industriels en Allemagne : l’usine historique de Zwickau, en Saxe, les sites de Hanovre et d’Emden, en Basse-Saxe, ainsi que l’usine Audi de Neckarsulm, dans le Bade-Wurtemberg.


Selon Manager Magazin, ces usines ne recevraient plus de nouveaux modèles lorsque les véhicules actuellement produits arriveront en fin de cycle. Environ 40 000 salariés travaillent aujourd’hui sur ces quatre sites, sans compter les milliers d’emplois dépendant des sous-traitants et de l’activité économique locale.
Au-delà des suppressions d’emplois, la direction réfléchirait également à une profonde réorganisation juridique de la marque Volkswagen afin de réduire l’influence du Land de Basse-Saxe et des représentants des salariés dans les décisions stratégiques du groupe.

Ces perspectives ont immédiatement suscité la colère du puissant syndicat IG Metall, qui dénonce des « menaces irresponsables » contre les sites industriels et la cogestion, promettant de mobiliser tous les moyens pour empêcher ces fermetures.


Une onde de choc qui pourrait atteindre les sous-traitants du Maghreb


Si les suppressions de postes concernent essentiellement les sites européens de Volkswagen, leurs effets pourraient dépasser les frontières allemandes. Le Maroc et, dans une moindre mesure, la Tunisie accueillent aujourd’hui de nombreux équipementiers intégrés aux chaînes de production de l’industrie automobile européenne.


Ces entreprises fabriquent notamment des faisceaux électriques, des composants électroniques, des sièges ou des pièces plastiques destinés à plusieurs constructeurs, dont Volkswagen. Une baisse durable de la production du groupe allemand pourrait donc réduire certaines commandes adressées à ces sous-traitants.


L’impact resterait toutefois indirect et probablement limité, la plupart de ces industriels travaillant simultanément pour plusieurs grands constructeurs européens, notamment Renault, Stellantis, BMW ou Mercedes-Benz. Il illustre néanmoins la portée potentiellement internationale de la crise que traverse aujourd’hui Volkswagen.

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