Si Willis Towers Watson, en s’installant en Algérie, venait à s’associer avec un partenaire privé, elle serait exclue du marché des assurances entreprises PME-PMI parce que les souscriptions en la matière sont limitées à moins de 500.000.000 DA.
Willis Towers Watson, un géant mondial du courtage en assurances, de la réassurance et du conseil en gestion des risques qui compte plus de 40.000 employés dans plus de 140 pays , envisage de s’implanter dans quatorze pays africains, dont l’Algérie, a rapporté cette semaine le magazine spécialisé américain Insurance Business Mag, citant un responsable du groupe.
Ainsi, après Générale Assurance Méditerranéenne (GAM), Trust Algeria et AXA Assurance, c’est autour de cette multinationale, née en 2016 de la fusion entre le géant britannique du courtage en assurances Willis Group et le cabinet américain de conseil en gestion des risques Towers Watson, veut conquérir le marché algérien.
«Nous sommes en pourparlers avec les parties concernées pour des implantations dans quatorze pays», a affirmé Adam Garrard, directeur des activités internationales chez Willis Towers Watson en précisant que les pays concernés par le plan d’expansion africain du groupe sont l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, la République centrafricaine, le Tchad, la RD Congo, le Gabon, la Guinée, le Libéria, Madagascar, le Mali, le Niger, la Sierra Leone et le Togo.
«Nous voyons un fort potentiel partout en Afrique, où il existe de nombreuses économies en plein essor, une forte croissance démographique et un appétit croissant pour les services d’assurance et de conseil aux entreprises. Pour renforcer notre présence en Afrique, et pour assurer une croissance rentable, nous avons réévalué notre stratégie. Dans certains pays avec de petits marchés et où nous avons une présence relativement faible, une relation de correspondant est l’approche la meilleure et la plus appropriée», a expliqué Adam Garrard, confiant.
Toutefois, bien qu’il soit attractif en raison des bénéfices qu’il peut générer avec de petits investissements, le marché algérien des assurances ne rassure pas. Toujours dominé par les entreprises traditionnelles, notamment publiques (SAA, CAAR, CAAT et CNMA) qui en détiennent 67% alors que les compagnies créées depuis 1995 détiennent à peine 33% des parts du marché, il reste marqué par une discrimination flagrante envers les compagnies privées qui sont exclues à travers des lois de parts importantes du marché.
En effet, les entreprises publiques d’assurance et AXA, entreprise franco-algérienne dont la BEA et le Fonds national d’Investissement sont partenaires, ont un pouvoir illimité de souscription des assurances entreprises PME-PMI, tandis que les compagnies privées sont limitées en la matière à moins de 500.000.000 DA. Ce qui veut dire que si Willis Towers Watson, en s’installant en Algérie, venait à s’associer avec un partenaire privé, elle serait exclue du marché des assurances entreprises PME-PMI.
















