Algérie : le déficit budgétaire 2027 recule à 63 Md$ contre 71 Md$ en 2026

Selon le projet de loi de finances 2027, dont Maghreb Émergent détient une copie, l'écart entre les recettes et les dépenses de l'État se réduit à 63,3 milliards de dollars (8 631,5 milliards de dinars), contre 70,6 milliards en 2026. Mais la trajectoire du gouvernement le fait repartir à la hausse dès 2028.

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Le projet de loi de finances 2027 ramène le déficit budgétaire à 63,3 milliards de dollars. Vue du port d'Alger. ©Pexels/ Djamel Ramdani

Examiné par le gouvernement le 30 septembre puis validé dimanche en Conseil des ministres, le projet fixe les recettes de l’État à 9 251,14 milliards de dinars (article 2) et ouvre 17 882,65 milliards de crédits de paiement (article 3), les autorisations d’engagement étant plafonnées à 17 251,61 milliards. Le document ne donne ni solde budgétaire ni prix de référence du baril, de sorte que l’écart se calcule par simple soustraction. Selon nos calculs, il atteint 63,3 milliards de dollars (8 631,5 milliards de dinars), soit un peu plus de 16 % du produit intérieur brut de 53 122 milliards de dinars retenu pour 2027.

La loi de finances 2026 prévoyait 8 009,0 milliards de dinars de recettes pour 17 636,7 milliards de dépenses, ce qui représentait à taux équivalent un écart de 70,6 milliards de dollars (9 627,6 milliards de dinars). La réduction atteint donc 7,3 milliards de dollars (996,1 milliards de dinars), soit 10,3 %, car les recettes progressent de 1 242,1 milliards de dinars (+15,5 %) alors que les dépenses ne gagnent que 246 milliards (+1,4 %). Les recettes couvriraient ainsi 51,7 % des dépenses, contre 45,4 % un an plus tôt.

Un bond de 24 % des recettes hors pétrole à réaliser en un an

Les hydrocarbures n’y contribuent pas, puisque le tableau macroéconomique annexé au projet fixe la fiscalité pétrolière à 2 652,3 milliards de dinars, soit 5 % du PIB, contre 2 697,9 milliards prévus pour 2026, en recul de 1,7 %. L’amélioration repose donc entièrement sur les autres recettes, portées à 6 598,8 milliards contre 5 311,1 milliards, soit 1 287,7 milliards de plus.

Les recettes fiscales ordinaires en forment l’essentiel avec 5 282,3 milliards (9,9 % du PIB), dont 2 595,3 milliards d’impôts sur le revenu et 1 928,1 milliards d’impôts sur la consommation, mais l’État compte aussi sur 1 316,5 milliards de recettes hors impôts. Ses participations financières doivent en fournir 934 milliards, dont 430 issus des banques et institutions financières et 504 des entreprises non financières, un montant que le projet maintient à l’identique de 2027 à 2029.

Cet écart suppose en outre que les crédits soient intégralement consommés. Or le cadre triennal de l’an dernier retenait un taux de consommation de 70 %, ce qui ramenait le solde global du Trésor 2026 à 12,4 % du PIB, et le projet 2027 ne mentionne aucune hypothèse équivalente.

Les mesures nouvelles dont l’exposé des motifs chiffre le rendement restent d’ailleurs modestes, puisque la hausse des droits d’accise sur la bière doit rapporter 3,46 milliards de dinars et l’assujettissement des registres des employeurs au droit de timbre 294,5 millions par an, soit à peine 0,3 % de la hausse des recettes. Le projet révise par ailleurs l’impôt sur la fortune, dont le seuil passe de 100 à 80 millions de dinars, avec un barème progressif de 0,20 % à 1 %, mais l’exposé relève que cet impôt n’a rapporté qu’entre 20 et 25 millions de dinars par an de 2022 à 2025, une somme sans commune mesure avec l’écart à combler.

La trajectoire du gouvernement tempère toutefois cette amélioration. Le même tableau projette en effet pour 2028 des dépenses de 19 008,5 milliards de dinars (+6,3 %) face à des recettes de 9 473,2 milliards (+2,4 %), la fiscalité pétrolière retombant à 2 478,8 milliards, de sorte que l’écart remonterait à 9 535,3 milliards avant de revenir à 8 967,6 milliards en 2029. Quant au Fonds de régulation des recettes, dont le projet de loi de finances 2026 affichait un solde symbolique d’un dinar, il figure dans la liste des comptes spéciaux du Trésor annexée au projet avec 96,15 milliards de dinars au 31 décembre 2025, soit environ 1,1 % de l’écart prévu pour 2027.

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