Selon le communiqué diffusé mercredi 2 septembre par la Présidence de la République, le Haut Conseil de sécurité, présidé par Abdelmadjid Tebboune, chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, a inscrit trois dossiers à son ordre du jour, les incendies qui ont frappé l’est et le centre du pays, la lutte contre les stupéfiants et la situation générale en Algérie et dans les pays voisins.
Sur le premier point, le texte se borne à indiquer que le Conseil a suivi l’état d’avancement des investigations sécuritaires et scientifiques conduites par la Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale, dont les conclusions seront rendues publiques lors d’une réunion conjointe des deux corps, sans date annoncée. Il ajoute que la réunion a insisté sur « la nécessité d’activer l’exécution de la condamnation à mort » dans tout ce qui touche à ce type de crimes.
La communiqué prolonge l’instruction donnée trois jours plus tôt. Le 30 août, à l’issue d’une réunion consacrée aux conséquences des feux, le chef de l’État avait chargé le ministre de la Justice, garde des Sceaux, de modifier le code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine capitale assortie de son exécution contre les auteurs d’incendies volontaires, une fois épuisées les voies de recours prévues par la loi. Il avait indiqué à cette occasion que plusieurs personnes soupçonnées d’avoir allumé des foyers avaient été arrêtées, et demandé aux walis des wilayas concernées de transmettre aux services de sécurité toutes les informations recueillies auprès des citoyens.
Une structure antidrogue et une prison au Tanezrouft
Sur le deuxième dossier, le Conseil a décidé la création d’une instance de sécurité spécialisée dans la lutte contre les stupéfiants, sur le modèle de ce qui existe dans plusieurs pays, les États-Unis étant nommément cités par le communiqué. Le statut de la future structure, sa tutelle et son calendrier de mise en place ne sont pas précisés.
L’Algérie s’est déjà dotée d’un Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, créé par le décret exécutif n° 97-212 du 9 juin 1997 et installé en 2002, rattaché au ministère de la Justice. Ses missions relèvent de la coordination et de la prévention, non de l’action policière, ce qui distingue nettement l’office existant du modèle américain invoqué. Le volet répressif, lui, repose sur la loi 04-18 du 25 décembre 2004, que les députés ont modifiée par la loi 25-03 du 1er juillet 2025.
Autre décision annoncée dans le même paragraphe, la transformation d’une caserne de l’Armée nationale populaire implantée au Tanezrouft, dans le Grand Sud, en prison de haute sécurité destinée aux barons de la drogue et à leurs revendeurs. Ni la caserne ni la wilaya d’accueil ne sont nommées, non plus que l’administration appelée à en assurer la gestion.
Rappelons que le Tanezrouft, immense plaine caillouteuse à cheval sur l’Algérie et le Mali, est l’une des zones les moins peuplées du Sahara algérien. Bordj Badji Mokhtar, chef-lieu de la wilaya du même nom créée fin 2019, se trouve à plus de deux mille kilomètres d’Alger par la route, et le point de passage d’El Khalil, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de la ville, est un couloir de contrebande documenté vers le Mali. Le communiqué salue au passage les efforts de l’Armée nationale populaire et des services de sécurité.



