Afin de faire face à la hausse continue des prix des viandes rouges en Algérie et de soutenir le secteur agropastoral, le Projet de Loi de Finances (PLF) pour l’année 2027, introduit un allègement fiscal ciblé à l’importation. Portée par l’article 137 du projet de texte, cette disposition prévoit de ramener le taux des droits de douane à 5 % pour les opérations d’importation des veaux vivants destinés à l’engraissement. Cette mesure fiscale majeure vise à alléger significativement la trésorerie des éleveurs et des importateurs en réduisant la charge supportée lors de l’approvisionnement en cheptel bovin.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte socio-économique marqué par une envolée inédite et durable des cours de la viande sur le marché local. Aujourd’hui, les prix de la viande rouge locale franchissent régulièrement le seuil critique des 2 200 dinars le kilogramme chez les bouchers, devenant de plus en plus inaccessibles pour la majorité des ménages. Cette dynamique haussière, enclenchée depuis la fin de la crise sanitaire de la Covid-19, poursuit sa trajectoire sans discontinuer, entretenue par le renchérissement des intrants, la sécheresse et la hausse des coûts logistiques.
Une mesure supplémentaire pour réguler le marché
Pourtant, le gouvernement n’a pas ménagé ses efforts et a déployé au cours des dernières années une batterie de mesures pour tenter de stopper cette spirale. Les autorités ont d’abord misé sur l’importation directe de viande fraîche sous vide, acheminée depuis plusieurs pays grands producteurs mondiaux à l’instar du Brésil et de l’Espagne, afin d’approvisionner rapidement les étals et d’offrir une alternative plus abordable aux consommateurs.
En parallèle, le gouvernement a autorisé l’importation de cheptel vif, portant aussi bien sur des veaux que sur des moutons destinés à l’abattage ou à l’approvisionnement du marché lors de la fête de l’Aïd El-Adha. Enfin, l’État a cherché à consolider la production locale à travers la subvention des aliments du bétail comme l’orge et le son, l’accès facilité au crédit bancaire ainsi que l’octroi de diverses exonérations fiscales. Cependant, en dépit de cet arsenal réglementaire et financier, ces interventions n’ont pas donné les résultats escomptés sur la durée, la pression sur les prix restant particulièrement vive.
C’est précisément pour corriger ces insuffisances que s’insère la nouvelle disposition du PLF. En abaissant la taxation douanière à 5 %, les pouvoirs publics entendent agir plus en amont, au niveau même du coût de revient de l’engraissement local. L’objectif est de stimuler l’offre de viande fraîche produite sur le sol national tout en générant une baisse progressive des prix de détail tout au long de la chaîne de valeur.
Cette mesure budgétaire répond d’ailleurs à une attente pressante du terrain. Elle avait été fermement revendiquée par les producteurs de viandes rouges, qui considérait cet allègement douanier comme un levier indispensable pour relancer les ateliers d’engraissement, stabiliser le marché et assurer la pérennité de la filière bovine algérienne.



