Les deux rescapés, “d’origine maghrébine” indique le média sans précision, ont été retrouvés à une douzaine de milles nautiques au sud-ouest de Majorque après qu’un ferry de la compagnie Baleària assurant la liaison Barcelone-Algérie eut donné l’alerte. Hospitalisés à Palma, ils souffraient de graves signes de déshydratation et de malnutrition.
Selon le chef de Salvamento Marítimo des Baléares, José Ramón Crespí, cité par La Vanguardia, les survivants ont expliqué que la patera avait quitté l’Algérie avec dix-neuf personnes à bord. Restée sans contrôle pendant près de deux semaines, l’embarcation a vu mourir progressivement dix-sept de ses occupants. Les deux survivants ont indiqué avoir été contraints de jeter les corps à la mer au fur et à mesure des décès. La Police nationale espagnole a ouvert une enquête afin de reconstituer le déroulement de la traversée, tandis qu’un hélicoptère de Salvamento Marítimo poursuit les recherches en mer.
Une “route algérienne” meurtrière
Le naufrage intervient alors que la route maritime reliant les côtes algériennes aux Baléares figure parmi les plus meurtrières de la Méditerranée occidentale. Selon le dernier rapport de l’ONG espagnole Caminando Fronteras, rapporté par Maghreb Émergent, 507 migrants sont morts ou ont disparu sur la route algérienne entre janvier et mai 2026, soit une hausse de 54 % par rapport à la même période de 2025. Cette voie représente à elle seule près de quatre victimes sur dix recensées sur l’ensemble des routes migratoires vers l’Espagne.
Au total, 1 317 migrants ont perdu la vie ou sont portés disparus en tentant de rejoindre les côtes espagnoles durant les cinq premiers mois de l’année, dont 142 femmes et 129 mineurs. Vingt-sept embarcations ont, en outre, disparu en mer sans laisser de survivants.
Principalement empruntée par des ressortissants algériens, la route Algérie–Baléares est également utilisée par des migrants originaires d’Afrique subsaharienne ayant transité par l’Algérie avant de tenter la traversée. Les ONG soulignent que cette voie demeure l’une des moins documentées de la Méditerranée occidentale, malgré une mortalité en forte progression.


