Campements sahraouis : un laboratoire local assure 5 % des besoins en médicaments

Maghreb Emergent
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Photo EL PAIS.

Dans les campements de réfugiés de Tinduf, un laboratoire pharmaceutique local parvient à produire environ 5 % des médicaments nécessaires à la population. Cette structure, qui évolue dans un contexte marqué par la baisse globale des financements humanitaires internationaux et par des contraintes climatiques extrêmes, fait l’objet d’un reportage détaillé publié par le quotidien espagnol El País.


La gestion opérationnelle de cette unité de production repose entièrement sur une équipe restreinte de onze professionnels sahraouis, composée de sept hommes et quatre femmes, dont les indemnités mensuelles s’élèvent à environ 100 euros.


L’activité de ce laboratoire est directement conditionnée par des facteurs environnementaux et logistiques stricts, au premier rang desquels figurent les tempêtes de sable récurrentes, les interruptions de l’approvisionnement électrique et l’absence de techniciens spécialisés pour assurer la maintenance des équipements de précision.

Malgré ces obstacles matériels, le centre maintient une production régulière et diversifiée. Les équipes fabriquent notamment des antibiotiques, des sirops, des crèmes dermatologiques ainsi que des collyres, ces deux derniers produits étant particulièrement sollicités pour traiter les pathologies liées au climat désertique. De plus, la structure fournit des solutions stériles directement destinées aux blocs opératoires des infrastructures hospitalières des campements.

Des réticences levées

Selon les données rapportées par El País, l’établissement a dû surmonter les réticences initiales de la population locale, qui privilégiait historiquement les médicaments issus de l’aide internationale directe. Actuellement, la production locale a stabilisé ses canaux de distribution et s’est pleinement intégrée dans les habitudes de prescription des centres de santé de la région, notamment pour les anti-inflammatoires et les traitements topiques.


Par ailleurs, pour faire face à la prévalence de l’anémie chez les femmes et les enfants, le laboratoire a développé un programme de recherche et développement spécifique. Cette initiative a mené à la production de capsules conçues à base de plantes locales riches en fer et en vitamines. Des évaluations cliniques menées dans le campement de Smara ont mis en évidence une amélioration des taux d’hémoglobine chez les patients ayant suivi ce protocole, validant ainsi l’efficacité de cette stratégie de substitution thérapeutique face aux carences nutritionnelles.

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