Intelligence artificielle : l’Algérie gagne une place en Afrique en 2026

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Le rapport « Global AI Diffusion » sur l’intelligence artificielle que Microsoft publie chaque trimestre vient de livrer ses données pour les trois premiers mois de 2026. Pour l’Algérie, le signal est positif. Le pays gagne une place dans le classement africain d’adoption de l’intelligence artificielle et remonte à la 9e position continentale. Un résultat encourageant pour pays qui veut avoir une place dans les économies numériques.

La progression n’est pas un accident de parcours. Elle prolonge une tendance amorcée depuis plusieurs semestres. Au second semestre 2025, le taux d’utilisation des outils d’intelligence artificielle générative atteignait 12 % de la population active, contre 11,3 % six mois plus tôt. Au premier trimestre 2026, ce chiffre continue de grimper. L’Algérie dépasse la Zambie et s’installe solidement dans le top 10 africain.

La base de cette progression est réelle. Le pays dispose d’une couverture internet à 71 % de la population, d’un réseau de 22 établissements d’enseignement supérieur formant en intelligence artificielle et en apprentissage automatique, et d’un cadre réglementaire en cours de consolidation autour d’une stratégie nationale dédiée. L’État a également posé une pierre supplémentaire avec la création d’une école supérieure spécialisée, destinée à former les cadres qui porteront la transition numérique dans les secteurs productifs et administratifs.

Un marché en construction, des ambitions chiffrées

Les analystes projettent un marché algérien de l’intelligence artificielle à 1,69 milliard de dollars d’ici 2030, avec une croissance annuelle de l’ordre de 27 %. Ce potentiel explique l’intérêt croissant des opérateurs privés et des pouvoirs publics pour accélérer l’adoption de ces technologies. La dynamique est là. La question est de savoir si elle suffira à combler l’écart avec les économies plus avancées du continent.

Car le contexte mondial ne plaide pas pour la complaisance. À l’échelle internationale, l’adoption de l’IA générative a bondi de 16,3 % à 17,8 % de la population mondiale en âge de travailler au premier trimestre 2026. Les pays du Nord avancent à un rythme plus de deux fois supérieur à celui des économies du Sud. L’Algérie, avec ses 12 % et quelques points, reste en dessous de la moyenne des pays en développement, estimée à 15,4 %.

Ce que les chiffres ne disent pas encore

La limite principale n’est pas l’accès aux outils. Elle tient à leur intégration dans les processus économiques réels. L’usage de l’intelligence artificielle demeure largement concentré dans la sphère personnelle et éducative. Son déploiement dans l’industrie, l’administration et les services à forte valeur ajoutée reste embryonnaire. C’est là que se joue la vraie bataille de la compétitivité numérique.

L’Algérie avance, donc. Elle monte d’un cran. Mais la 9e place africaine ne doit pas masquer la distance qui la sépare encore de l’Afrique du Sud, leader continental à plus de 21 %, ni l’ampleur des défis d’infrastructure dans les zones à faible connectivité. La trajectoire est bonne. La vitesse, elle, doit encore s’accélérer.

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