Dans son rapport annuel 2025, Sonatrach inscrit à 601 463 millions de dinars le chiffre d’affaires de sa filiale Sonatrach Raffineria Italiana (SRI), qui exploite la raffinerie d’Augusta, en Sicile, contre 848 799 millions de dinars en 2024. Le recul atteint 247,3 milliards de dinars, soit 29,1 %, et ramène la part de la filiale dans le chiffre d’affaires consolidé du groupe de 9,8 % à 8,1 %. Converti aux parités dinar-dollar indiquées par le rapport (134,0448 dinars pour un dollar en 2024, 131,5984 en 2025), ce chiffre d’affaires passe d’environ 6,3 à 4,6 milliards de dollars, soit près de 1,8 milliard de moins et un repli de 27,8 %.
Le repli de la filiale va bien au-delà de celui du groupe, dont le chiffre d’affaires consolidé, que Maghreb Émergent a détaillé dans les résultats 2025 de Sonatrach, est passé de 8 641,7 à 7 382,6 milliards de dinars, soit 15 % de moins. Il excède aussi la baisse du prix moyen du pétrole, de 81,97 à 69,37 dollars le baril (15 % de moins également), que le rapport retient pour expliquer le recul des ventes de la maison mère. L’écart de près de quatorze points entre la baisse du chiffre d’affaires d’Augusta et celle du brut reste à répartir entre les volumes traités et le prix des produits raffinés.
Le rapport ne ventile pas cette baisse et ne publie, pour la filiale, ni les volumes de brut traités ni la marge de raffinage. Son chapitre sur le raffinage s’en tient au périmètre algérien, où les raffineries ont traité 26,2 millions de tonnes de brut en 2025, soit 1 % de moins qu’en 2024. Les comptes de SRI, établis en euros, sont convertis en dinars au cours moyen de l’exercice, si bien que la variation en euros, absente du rapport, peut s’écarter de celle en dinars.
Un arrêt général de maintenance en début d’année
Le recul coïncide avec le premier arrêt général de la raffinerie depuis 2019. SRI a mis ses unités à l’arrêt de façon progressive à la charnière de janvier et février 2025, et les livraisons de brut avaient presque cessé en mars. La remise en route, d’abord attendue entre le 15 et le 30 avril, s’est étalée jusqu’en mai, un incendie ayant touché l’unité butamer au redémarrage, et la société avait prévenu les autorités locales que des torchages pouvaient intervenir jusqu’au 31 mai.
Un second arrêt, plus léger, était programmé de la fin septembre au 30 octobre, notamment sur l’unité de distillation atmosphérique T5 et les deux reformeurs catalytiques, et devait toucher la production de bitume ainsi que des cargaisons à l’export, y compris vers la Libye et la Tunisie. La raffinerie expédie vers l’Algérie environ 500 000 tonnes de bitume par an, d’après son administrateur délégué, Rosario Pistorio, comme Maghreb Émergent l’avait rapporté en février 2026.
Des exportations pétrolières siciliennes en repli
Le rapport régional de la Banque d’Italie, présenté à Syracuse le 1er juillet 2026, relève une forte baisse des exportations siciliennes de produits pétroliers en 2025, dans une région dont l’économie a progressé de 0,6 %. Rosario Pistorio a souligné que la contraction touche l’ensemble du raffinage sicilien et pas seulement la raffinerie algérienne, des propos que Maghreb Émergent a rapportés le 4 juillet.
Acquise en décembre 2018 auprès d’Esso Italiana, filiale d’ExxonMobil, pour plus de 700 millions de dollars, la raffinerie d’Augusta traite jusqu’à 198 000 barils par jour, soit environ 10 millions de tonnes par an, et son chiffre d’affaires s’élevait à 7,2 milliards d’euros en 2022 d’après la base de données Aida, un niveau que Maghreb Émergent avait relevé en juillet 2023.
Au bilan, les créances clients brutes de la filiale ont reculé de 21,5 % en 2025, à 29,5 milliards de dinars. Ses impôts et taxes ont été multipliés par 3,6, à 8,1 milliards, et ses charges financières ont augmenté de 10 %, à 4,2 milliards, sans que le rapport indique son résultat net, absent de la liste des entités qui composent le résultat net part du groupe, établi à 715,6 milliards de dinars en 2025 contre 964,7 milliards en 2024.



