L’Allemagne a importé en octobre 74 000 tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) algérien, selon les données de l’Unité de recherche sur l’énergie, basée à Washington. D’après la même source, il s’agit de la deuxième cargaison seulement livrée à Berlin par Sonatrach, après 50 000 tonnes reçues trois mois plus tôt.
Les importations allemandes de GNL ont atteint 433 000 tonnes en octobre, en baisse de 27 % sur un an, la concurrence asiatique sur les cargaisons au comptant pesant sur les achats de Berlin. La cargaison algérienne en représente environ 17 %. Sur les dix premiers mois de 2026, les importations progressent de 20 %, à 6,6 millions de tonnes contre 5,5 millions un an plus tôt, et se rapprochent du record annuel de 7,1 millions de tonnes établi en 2025.
Des stockages à 61,5 % au 1er novembre
Les réserves allemandes de gaz n’étaient remplies qu’à 61,5 % au 1er novembre, d’après la plateforme AGSI de Gas Infrastructure Europe, pour un objectif réglementaire d’environ 70 % en moyenne. Le ministère de l’Économie et de l’Énergie assure que l’approvisionnement de l’hiver reste garanti, et attribue le retard de remplissage aux perturbations d’approvisionnement et à la hausse des prix nées de la crise d’Ormuz. INES, qui représente plus de 90 % des capacités de stockage du pays, estime pour sa part que les objectifs n’ont pas été atteints.
À l’échelle de l’Union européenne, les stocks étaient remplis à 75 % fin octobre, leur niveau le plus bas depuis 2013 selon l’Agence internationale de l’énergie. L’agence relève que les acheteurs avaient misé en vain sur une baisse des cours et retardé leurs achats destinés au remplissage.
Le contrat de juillet reste flou sur les volumes
Le premier contrat gazier entre Sonatrach et l’allemand VNG date de février 2024. Signé à Alger en présence de Robert Habeck, alors vice-chancelier, il portait sur du gaz acheminé par gazoduc. Début juillet, Sonatrach a livré sa première cargaison de GNL à l’Allemagne, annoncée dans un communiqué du 8 juillet. Chargée à Béthioua, près d’Oran, à bord du méthanier Tessala, propriété du groupe, elle a été déchargée au terminal flottant de Wilhelmshaven 1, sur la mer du Nord. L’Algérie était déjà, en 2025, le deuxième fournisseur de gaz de l’Union européenne par gazoduc, derrière la Norvège.
Le 16 juillet, pendant la visite officielle d’Abdelmadjid Tebboune à Berlin, les deux groupes ont signé un nouveau contrat qui augmente les livraisons de gaz naturel vers le marché allemand à compter du 1er janvier 2027. Le communiqué de Sonatrach ne donne ni volumes ni durée, et ne dit pas si le gaz supplémentaire sera livré par gazoduc ou sous forme de GNL.
Côté algérien, la production de gaz devrait atteindre environ 103 milliards de mètres cubes en 2026, selon la Chambre africaine de l’énergie, soit la première hausse annuelle depuis 2023. La consommation intérieure a toutefois augmenté de 7 % sur les sept premiers mois de l’année, plus vite que la production (environ 4 %), ce qui réduit les volumes disponibles pour l’exportation.


