La filière des dattes a été au centre des échanges, ce jeudi 5 novembre, lors d’une séance au Conseil de la nation. Le sénateur Farid Djemani, représentant la wilaya d’Ouled Djellal et membre de la liste des indépendants, a interpellé le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, sur la situation des agriculteurs, des commerçants et des exportateurs.
Si les chiffres présentés par le ministre font état d’une progression des exportations de dattes algériennes, les préoccupations exprimées par le sénateur révèlent une autre réalité. Baisse des prix de vente, difficultés de commercialisation et manque de débouchés pour une partie de la production : plusieurs problèmes continuent de peser sur les professionnels de cette filière.
Rezig avance des chiffres en hausse et détaille les mesures de soutien
En réponse aux préoccupations soulevées, Kamel Rezig a présenté les derniers chiffres des exportations de dattes algériennes. Selon les données communiquées par le ministre, leur valeur est passée de 78,66 millions de dollars en 2024 à 98,32 millions de dollars en 2025.
La tendance se poursuit au premier semestre 2026. Les exportations ont atteint près de 75,04 millions de dollars, pour un volume d’environ 68 000 tonnes. Ce montant a ainsi été réalisé en seulement six mois, contre 115 000 tonnes exportées sur l’ensemble de l’année 2025.
Le ministre a également détaillé les mesures engagées par son département, en coordination avec le secteur de l’Agriculture, pour accompagner les opérateurs économiques et faciliter l’accès aux marchés étrangers.
Parmi les dispositifs évoqués figure le soutien financier accordé à travers le Fonds spécial pour la promotion des exportations. Celui-ci prévoit notamment le remboursement de 50 % des frais de transport, de fret et des contrats internationaux. La prise en charge peut atteindre 80 % des dépenses liées à la participation aux foires et manifestations économiques organisées à l’étranger.
Le département de Kamel Rezig mise également sur la participation aux salons internationaux pour faire connaître les dattes algériennes et attirer de nouveaux partenaires commerciaux. En 2025 et durant les six premiers mois de 2026, les opérateurs ont notamment participé à des manifestations économiques en Grande-Bretagne, en Autriche, en Suède, en Norvège, en Russie, en Espagne, en Italie et en Tunisie.
D’autres actions concernent l’organisation de rencontres avec les professionnels, la formation des exportateurs et la présentation des opportunités offertes par les accords commerciaux régionaux, notamment la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
« Cette année, les agriculteurs ont vendu leurs marchandises à des prix inférieurs à ceux de l’année passée »
Malgré les résultats présentés par le ministre, le sénateur Farid Djemani estime que les efforts restent insuffisants au regard du potentiel de cette production agricole. « Monsieur le ministre, étant présent dans cette wilaya et me considérant moi-même comme un agriculteur, je peux vous dire que ce travail reste insuffisant malgré les efforts déployés », a-t-il déclaré.
Pour l’élu, la filière des dattes représente une richesse particulière dans la stratégie de diversification de l’économie nationale. Elle mérite, selon lui, une attention plus importante, notamment en raison de ses possibilités de valorisation et de son potentiel à l’exportation.
Le sénateur a surtout attiré l’attention sur la baisse des prix constatée cette année chez les producteurs. « Les agriculteurs ont vendu leurs marchandises à des prix inférieurs à ceux de l’année passée », a-t-il souligné.
Au-delà des chiffres des exportations, l’élu estime donc nécessaire de prendre en compte les difficultés rencontrées par chaque maillon de la filière, du producteur jusqu’à l’exportateur.
Il a ainsi proposé l’organisation d’une rencontre entre le ministre de l’Agriculture et les professionnels concernés, notamment les agriculteurs, les commerçants et les exportateurs des régions productrices.
L’objectif serait de permettre aux acteurs de présenter directement leurs difficultés et de confronter les données administratives à la réalité du terrain. Une démarche qui pourrait, selon le sénateur, déboucher sur des solutions concrètes pour améliorer la commercialisation et mieux valoriser les dattes algériennes.



