La pénurie d’huile de table prend de l’ampleur sur les marchés algériens. Depuis plus de deux semaines, ce produit de première nécessité se fait de plus en plus rare dans les commerces. La situation s’est particulièrement dégradée ces derniers jours, avec une indisponibilité totale dans certaines localités et des approvisionnements très insuffisants dans plusieurs autres wilayas. Cette perturbation touche notamment Alger, Bouira, Oran, Tlemcen, Relizane et Sétif. À l’inverse, quelques communes de la wilaya de Béjaïa continuent, pour le moment, d’enregistrer une disponibilité limitée de ce produit.
Sur les réseaux sociaux, la situation suscite de nombreuses réactions. Des vidéos, des photographies et des témoignages publiés sur Facebook montrent des rayons vides et des consommateurs confrontés à des difficultés pour trouver des bouteilles ou des bidons d’huile de table. Cette situation intervient alors que ce produit occupe une place essentielle dans la consommation quotidienne des ménages algériens.
Les producteurs assurent que leurs usines fonctionnent normalement
Face aux inquiétudes suscitées par cette pénurie, deux producteurs ont publié, ce jeudi, des communiqués pour préciser leur position face aux perturbations de l’approvisionnement. Il s’agit de La Belle, dont les unités de production sont implantées à Béjaïa, et de SIM, basée à Oran.
Les deux entreprises affirment que leurs installations fonctionnent à plein régime, sans difficultés liées à la disponibilité des matières premières. Elles assurent également que leurs opérations de production et d’approvisionnement se poursuivent sans interruption.
La même situation est signalée chez Afia, un autre producteur implanté à Oran, dont les installations fonctionneraient également normalement, selon une source du secteur.
De son côté, nous avons tenté en vain d’obtenir des explications auprès du groupe privé Cevital, considéré comme le premier producteur d’huile de table en Algérie. Aucune réponse n’a pu être obtenue auprès de ce groupe au moment de la rédaction de cet article.
Cevital fonctionnerait à 50 % de ses capacités de production
Pour comprendre les raisons de cette perturbation, nous avons sollicité une source du secteur. Selon cette dernière, l’un des principaux facteurs à l’origine des difficultés actuelles d’approvisionnement serait lié à une baisse importante de la production du groupe Cevital.
D’après les explications de notre source, le complexe de production d’huile de table du groupe, à Béjaïa, fonctionnerait actuellement à seulement 50 % de ses capacités. Cette situation serait notamment liée à des difficultés rencontrées pour effectuer les opérations de maintenance industrielle nécessaires sur les équipements et les chaînes de production.
La même source explique que les contraintes liées au programme prévisionnel d’importation (PPI) auraient empêché le groupe de réaliser certaines opérations de maintenance, entraînant ainsi une réduction importante de ses capacités de production.
Notre interlocuteur précise toutefois que le problème ne concerne pas principalement la disponibilité des matières premières, dont l’approvisionnement, assuré en grande partie par l’importation, se poursuit. Les difficultés porteraient davantage sur les équipements et les opérations de maintenance industrielle.
La production locale de matières premières toujours insuffisante
Cette situation met également en évidence la dépendance de l’industrie algérienne de l’huile de table aux matières premières importées. Les tentatives de développer une production nationale de graines oléagineuses, notamment le soja, le tournesol et le colza, n’ont pas encore permis de couvrir les besoins des transformateurs.
Plusieurs projets industriels destinés à développer la trituration de ces graines accusent encore des retards. C’est notamment le cas du complexe public du groupe Agrodiv à Jijel, qui n’est toujours pas opérationnel selon les informations recueillies. De son côté, l’usine de trituration de graines oléagineuses de Cevital à Béjaïa ne fonctionne encore que de manière limitée.
Il convient de rappeler que l’Algérie compte au moins huit unités de production d’huile de table. Deux sont implantées à Béjaïa, deux à Oran, une à Alger, une à Aïn M’lila dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, une à Constantine et une autre dans la wilaya de Tipasa.



