PLF 2027 : à l’APN, des députés réclament un État social… sans pétrole

Au troisième jour du débat sur le projet de loi de finances 2027, les députés de l’APN défendent le caractère social de l’État tout en réclamant une moindre dépendance aux hydrocarbures.

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Alger- 4 novembre 2026. Séance plénière à l’Assemblée populaire nationale, au troisième jour du débat sur le projet de loi de finances 2027.
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Les débats autour du projet de loi de finances 2027 se sont poursuivis ce mercredi 4 novembre, pour leur troisième journée, à l’Assemblée populaire nationale (APN). Entre préservation du caractère social de l’État et nécessité de diversifier les ressources financières, les parlementaires appellent à une meilleure valorisation de l’investissement et des capacités productives nationales.

« Je ne suis pas satisfait de ce budget, quelle que soit son ampleur, car il repose uniquement sur les hydrocarbures », ce constat du député Mouloud Laïeb résume l’une des principales préoccupations exprimées lors de ces débats. Tout en saluant le maintien du caractère social de l’État, qu’il considère comme un acquis à préserver, le parlementaire a pointé les limites d’un modèle de financement encore fortement tributaire des recettes pétrolières.

« Aujourd’hui, alors que nous examinons le projet de loi de finances, qui comporte des aspects positifs que nous saluons, notamment la préservation du caractère social de l’État algérien », a-t-il déclaré, avant d’aborder plusieurs préoccupations liées à l’approvisionnement du marché, à l’investissement et à la création d’emplois pour les jeunes.

Le député du Front El Moustakbal a notamment interpellé le ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national sur la pénurie de certains produits de première nécessité, demandant l’identification des causes de ces tensions et la mise en place de mesures pour y remédier.

Sur la question de l’investissement et de l’entrepreneuriat, il a également souligné le décalage entre les annonces gouvernementales et leur concrétisation sur le terrain. « Les décisions politiques sont des décisions judicieuses, mais la réalité du terrain raconte une autre histoire », a-t-il relevé, en évoquant notamment les perspectives offertes par les start-up en matière de création d’emplois.

Au-delà de cette critique, son intervention pose la question de l’efficacité des politiques publiques de soutien à l’investissement. La création de dispositifs d’accompagnement ne suffit pas si elle ne se traduit pas par l’émergence d’entreprises viables, capables de produire de la richesse, de créer des emplois durables et de contribuer à l’élargissement de la base économique nationale.

Le député s’est également interrogé sur la contribution du secteur agricole aux recettes de l’État, estimant que ce secteur n’avait pas répondu aux attentes placées en lui. Un enjeu majeur, alors que le développement de la production agricole et des industries agroalimentaires pourrait contribuer à réduire la facture des importations, à renforcer la sécurité alimentaire et à diversifier les sources de création de richesse.

Prix des carburants

De son côté, le député Seba Laaredj, du parti El Karama, représentant la wilaya de Mascara, a plaidé pour que toute modification des prix des carburants soit soumise au Parlement. Une revendication qui renvoie à la nécessité d’encadrer les décisions tarifaires ayant des répercussions directes sur les ménages et les entreprises.

En effet, les prix des carburants influent sur les coûts de transport, de production et de distribution, avec des effets potentiels sur les prix des biens et services et, par conséquent, sur le pouvoir d’achat.

Le parlementaire a également soulevé la question de la répartition du budget de l’enseignement, avançant que 86 % de l’enveloppe serait consacrée à l’administration. Il a ainsi remis en débat la structure des dépenses du secteur, dans un contexte marqué par la surcharge des classes et les besoins en infrastructures éducatives. Il a, par ailleurs, plaidé pour la réalisation d’un centre hospitalo-universitaire (CHU).

Cette intervention remet en lumière la question de la qualité de la dépense publique. Au-delà des montants mobilisés, l’enjeu réside dans leur affectation et leur capacité à améliorer concrètement les services publics. La distinction entre dépenses de fonctionnement et dépenses d’investissement devient, à cet égard, essentielle pour apprécier la performance de l’allocation budgétaire.

Le déficit budgétaire

Pour sa part, la députée Kheira Ibrahim, du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a attiré l’attention sur le déséquilibre entre les recettes et les dépenses prévues dans le projet de loi de finances.

« Nous avons expliqué au gouvernement qu’il existe un écart dans le budget, puisque le volume des dépenses dépasse celui des recettes. Cela soulève la question du risque et de la manière de combler ce déficit », a-t-elle déclaré.

La députée a plaidé pour une diversification des ressources de financement de l’État, estimant que celles-ci ne devaient pas reposer exclusivement sur les hydrocarbures et la fiscalité. « Nous avons proposé que toutes les recettes ne reposent pas uniquement sur les hydrocarbures ou sur la fiscalité. Nous avons également proposé, du côté de l’investissement, que les recettes proviennent des investissements », a-t-elle souligné.

Cette proposition place l’investissement productif au centre de la réflexion sur la soutenabilité des finances publiques. En effet, le développement des activités économiques créatrices de valeur ajoutée permet de renforcer la production nationale et l’emploi, mais aussi d’élargir progressivement l’assiette fiscale et de générer de nouvelles ressources pour le Trésor public.

La question du déficit ne se limite donc pas à l’écart comptable entre les recettes et les dépenses. Elle renvoie également à la nature des dépenses engagées et à leur rendement économique. Les investissements destinés à renforcer les capacités productives peuvent contribuer à la croissance future, à condition d’être correctement ciblés et d’offrir des retombées économiques mesurables.

À travers ces différentes interventions, une même problématique se dégage, à savoir comment préserver les engagements sociaux de l’État tout en réduisant sa dépendance aux recettes des hydrocarbures.

La réponse passe notamment par l’élargissement de la base productive, la valorisation du potentiel agricole et industriel, l’amélioration du climat des affaires et une meilleure efficacité de la dépense publique. La diversification des ressources ne saurait, en effet, reposer uniquement sur un renforcement de la fiscalité, mais doit s’appuyer sur une économie capable de produire davantage de richesse.

Le débat autour du PLF 2027 met ainsi en évidence un enjeu qui dépasse les arbitrages budgétaires annuels, celui de la capacité de l’économie nationale à financer durablement son modèle social tout en construisant des sources de revenus moins exposées aux fluctuations des marchés pétroliers.

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