Les républicains tenaient le Sénat par 53 sièges contre 47 et les démocrates avaient besoin d’un gain net de quatre. Ils en ont arraché sept, dans l’Iowa, le Kansas, le Maine, l’Ohio, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et le Texas. Sherrod Brown revient en Ohio deux ans après sa défaite, Roy Cooper bat Michael Whatley en Caroline du Nord, Annie Andrews crée la surprise en Caroline du Sud et James Talarico écarte au Texas le procureur général Ken Paxton. Susan Collins, elle, quitte le Sénat après près de trente ans. À la Chambre, les démocrates ont dépassé les 218 sièges nécessaires et le décompte final n’est pas arrêté.
Ce scrutin était présenté comme un référendum sur le président, et la réponse est tombée dans les deux chambres. Donald Trump affrontait les urnes avec une cote de popularité au plus bas historique, selon CBS News, une guerre en Iran que les Américains désapprouvaient et un coût de la vie qui inquiétait les électeurs, comme le rappelait The Hill. Il refuse pourtant d’y voir un coup porté contre lui. Une semaine avant le vote, il ne promettait d’accepter le résultat que si le scrutin était « honnête », une allusion de plus à des fraudes qui n’ont jamais été prouvées. Mardi soir, il a assuré au New York Times qu’il s’inclinerait.
Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate, a proclamé que « le grand retour de l’Amérique commence aujourd’hui ». Il a souligné que son camp l’avait emporté avec moins d’argent que les républicains.
Un veto que le Congrès ne peut lever qu’aux deux tiers
La Chambre donne aux démocrates la main sur l’agenda législatif et sur le pouvoir d’enquête. Hakeem Jeffries a promis de faire rendre des comptes à ceux qui, dit-il, se sont enrichis au sommet de l’État, eux-mêmes, leurs proches ou leurs donateurs. Il vise le président sans le nommer. Mais Donald Trump peut s’opposer à tout texte voté, et le surmonter exige les deux tiers de chaque chambre, un seuil que les démocrates, avec à peine plus de la moitié des sénateurs, sont loin d’atteindre. Au Sénat, ils pèseront en revanche sur les nominations du président.
Hakeem Jeffries est en route pour devenir le premier président noir de la Chambre. Son groupe doit d’abord le désigner, puis l’ensemble des représentants l’élire. Dans le Michigan, Abdul El-Sayed, issu de l’aile gauche du parti, devient le premier musulman élu au Sénat, et Jon Ossoff est réélu en Géorgie. Le nouveau Congrès siégera en janvier.


