Algérie-PLF 2027 : Coup de pouce aux investissements verts avec un avantage fiscal qui passe de 5 à 10 %

Le projet de loi de finances pour 2027 relève de 5 à 10 % du résultat imposable la déduction accordée aux dépenses d’énergies renouvelables, d’hydrogène vert et de reboisement. Un petit coup de pouce…

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La centrale photovoltaïque 200 mégawatts dans la commune de Tendla (El-Meghaïer)

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 franchit un pas de plus en faveur de la transition écologique en relevant de 5 % à 10 % du résultat imposable la déduction accordée aux dépenses liées aux énergies renouvelables, à l’hydrogène vert et au reboisement. Si cette mesure fait écho aux plaidoiries des professionnels du secteur, elle reste en deçà des attentes formulées par les experts pour libérer pleinement le potentiel national.

Un signal pour la transition

Inscrit à l’article 132 du texte budgétaire – qui modifie et complète l’article 103 de la loi n° 25-17 du 14 décembre 2025 – , ce dispositif élargit l’avantage fiscal. Désormais, les dépenses engagées dans la réalisation d’infrastructures de production d’énergies renouvelables et d’hydrogène vert deviennent déductibles du résultat imposable à hauteur de 10 %.


L’exposé des motifs rappelle que la loi de finances 2026 avait ouvert cette voie en permettant aux entreprises nationales actrices de la transition énergétique de déduire ces investissements, mais dans une limite plus restrictive de 5 %.

Face à l’urgence climatique et à la nécessité de consolider la sécurité énergétique du pays, l’exécutif a choisi de doubler la mise. Les opérations de boisement et de reboisement des forêts bénéficient, quant à elles, de la même proportion, les modalités d’application demeurant inchangées.
Écart entre l’incitation fiscale et les ambitions du terrain

Ce coup de pouce, bien accueilli, contraste toutefois avec les souhaits des acteurs de la filière. Le Green Energy Cluster Algeria (GECA) plaidait pour un cadre incitatif beaucoup plus affirmé.

Dans une analyse détaillée relayée par Maghreb Emergent au sujet des conditions nécessaires pour que l’Algérie capte les investissements européens, Boukhalfa Yaïci, directeur général du cluster, estimait qu’une déduction fiscale fixée à 30 % aurait eu un impact radicalement transformateur.


Selon ses projections, un tel taux aurait permis de porter le marché potentiel à 2,4 GW de capacité solaire, tout en générant une économie substantielle d’environ un milliard de mètres cubes de gaz naturel par an.

La question de l’intégration locale

Au-delà de la carotte fiscale, le débat s’oriente également vers la souveraineté industrielle. Le GECA a fait part de ses inquiétudes quant aux conditions réelles de développement de l’hydrogène vert, son président faisant de l’intégration locale (la part de production et de savoir-faire nationaux dans les projets) une condition contractuelle incontournable lors d’une interview, déjà ancienne, à Radio M.


Un point de friction potentiel demeure : en l’état actuel, le texte de l’article 103 ne conditionne pas l’octroi de l’avantage fiscal à ce critère de contenu local, alors même que le cluster en fait une condition clé pour le développement de la filière.

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