Saisie le 7 octobre par la présidente de l’Assemblée populaire nationale (APN), Khalida Boufedeche, la commission des finances et du budget, présidée par Abdelhafid Brima, a ouvert ses travaux le dimanche 11 octobre sur le projet de loi de finances (PLF) 2027, adopté le 4 octobre en Conseil des ministres. Son rapport préliminaire met en regard 9 251,1 milliards de dinars de recettes budgétaires attendues et 17 882,65 milliards de dinars de crédits de paiement proposés, soit une couverture de 51,7 %, contre 45,4 % dans la loi de finances 2026. L’écart entre les deux atteint 8 631,55 milliards de dinars, soit un peu plus de 16 % du produit intérieur brut (PIB), un déficit chiffré dès le 7 octobre.
Affichant pour objectifs l’investissement productif et le maintien du pouvoir d’achat, le texte prévoit côté ressources un élargissement de l’assiette fiscale et un renforcement de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. Les recettes progressent de 15,5 % sur un an, une prévision jugée difficile à tenir dès le 10 octobre. Hors fiscalité pétrolière, elles sont évaluées à 6 598,8 milliards de dinars et représentent un peu plus de 71 % du total, contre près de 29 % pour la fiscalité pétrolière, attendue à 2 652,3 milliards. Le rapport rattache les premières, essentiellement fiscales, à l’amélioration de l’activité économique et à la modernisation de l’administration fiscale, mais elles ne financent à elles seules que 36,9 % des crédits de paiement.
Un budget construit sur un baril à 60 dollars
Le cadrage 2027-2029 repose sur un prix de référence de 60 dollars le baril, quand le prix de marché est supposé se maintenir à 70 dollars sur toute la période, avec un dinar stable à 130 pour un dollar. Le projet retient pour 2027 une croissance du PIB de 4,2 %, que le rapport attribue principalement aux activités hors hydrocarbures, et une inflation de 4 %. L’économiste Abdelrahmi Bessaha estimait, dans une étude publiée le 12 octobre, que la croissance algérienne restait tributaire du soutien budgétaire. Les volumes d’hydrocarbures exportés fléchiraient en 2027 et 2028, à 58,4 puis 58,2 millions de tonnes équivalent pétrole, avant un rebond en 2029.
La commission relève que ce cadrage dépend de l’évolution de l’offre et de la demande sur les marchés des hydrocarbures, susceptible de modifier les estimations de ressources publiques et les équilibres financiers de l’État, et elle insiste sur la poursuite des efforts de diversification de l’économie. Pour les dépenses, les hypothèses retiennent une hausse de 2,5 % sur la période, sans préciser si elle est annuelle ou cumulée. Dans les deux cas, elle reste inférieure à l’inflation de 4 % retenue dans le même cadre, ce qui, si le chiffre est exprimé en valeur, équivaut à un recul en volume.
Des demandes de paiement couvertes à 65 %
Les responsables de programmes avaient demandé 20 411,64 milliards de dinars d’autorisations d’engagement, dont 84,5 % figurent dans le projet, soit 17 251,61 milliards. Sur les crédits de paiement, la couverture tombe à 65 % des demandes, ce qui revient à écarter plus d’un tiers des sommes réclamées. La commission poursuit son examen avant le débat et le vote en séance plénière, dont le rapport préliminaire ne donne pas le calendrier.



