Pomme de terre en Algérie : la crise s’aggrave, le produit se raréfie et les prix dépassent 140 dinars

4 min de lecture
pomme de terre
Ajoutez Maghreb Émergent sur Google pour trouver du contenu similaire

La crise de la pomme de terre que connaît le marché algérien depuis la fin de l’été est loin de trouver une issue. Après plusieurs semaines de hausse des prix, ce produit alimentaire de première nécessité fait désormais face à un autre problème : sa raréfaction dans les commerces. Dans plusieurs régions du pays, les consommateurs peinent à trouver ce légume de base, tandis que les prix pratiqués dépassent largement le plafond fixé par les autorités.

La crise a initialement été marquée par une flambée des prix de la pomme de terre sur les marchés de gros et de détail. Face à cette situation, les hautes autorités du pays sont intervenues en octobre dernier pour tenter de stabiliser les cours et protéger le pouvoir d’achat des ménages.

Les mesures prises ont notamment porté sur le renforcement des contrôles au niveau des marchés de gros et de détail des fruits et légumes, ainsi que sur le plafonnement du prix de vente de la pomme de terre à 90 dinars le kilogramme pour le consommateur final.

Toutefois, cette intervention a été suivie par l’apparition de nouvelles difficultés dans les circuits de commercialisation. En effet, des grossistes, communément appelés mandataires, auraient refusé de commercialiser la pomme de terre dans les conditions imposées, selon les constats signalés sur plusieurs marchés.

Cette situation aurait contribué à réduire les quantités disponibles dans les circuits de distribution. Conséquence : la pomme de terre devient de plus en plus difficile à trouver dans plusieurs localités, alors que les prix restent élevés là où le produit est encore disponible.

La pomme de terre devient rare dans plusieurs wilayas

Les difficultés d’approvisionnement sont signalées dans différentes régions du pays. Dans l’est de la wilaya de Bouira, plusieurs points de vente ne proposent plus ce légume, selon les constats effectués localement. Des situations similaires sont également rapportées dans plusieurs localités de la capitale.

Par ailleurs, des pages Facebook consacrées à l’information locale font état d’une raréfaction de la pomme de terre à Tlemcen, Béjaïa, Skikda et dans d’autres régions du pays.

Ces signalements illustrent l’ampleur géographique des perturbations qui touchent actuellement la commercialisation de ce produit particulièrement consommé par les ménages algériens.

La situation devient d’autant plus préoccupante que la pomme de terre constitue un aliment incontournable dans la consommation quotidienne. Sa disponibilité et son prix ont donc un impact direct sur le budget des familles.

Des prix toujours supérieurs au plafond de 90 dinars

Sur le plan des prix, le plafond de 90 dinars le kilogramme fixé par les autorités ne semble pas respecté dans plusieurs points de vente.

Là où la pomme de terre est encore disponible, son prix oscille entre 110 et 140 dinars le kilogramme, soit un dépassement pouvant atteindre 50 dinars par rapport au seuil annoncé.

Les consommateurs se retrouvent ainsi confrontés à une double difficulté : trouver le produit et pouvoir l’acheter à un prix conforme aux mesures annoncées par les pouvoirs publics.

La situation soulève également la question de l’efficacité des mécanismes de régulation lorsque les mesures de plafonnement ne sont pas accompagnées d’une disponibilité suffisante du produit dans les circuits de distribution.

Au-delà du contrôle des prix, le rétablissement d’un approvisionnement régulier apparaît désormais indispensable pour sortir de cette crise. La reprise de la commercialisation par les différents intervenants de la filière et la disponibilité des stocks sur les marchés seront déterminantes pour améliorer la situation dans les prochains jours.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article