Le journaliste Abdelali Mezghiche a été condamné, ce dimanche 8 novembre 2026, à trois ans de prison ferme, assortis d’une amende de 200 000 dinars, par le tribunal de Chéraga, à Alger. L’information a été confirmée à Maghreb Emergent par son avocat, Me Abdellah Haboul, qui a indiqué qu’un appel serait interjeté contre cette décision afin de porter l’affaire devant la cour d’Alger.
Cette condamnation intervient à l’issue du procès tenu le 25 octobre dernier. Lors de cette audience, le parquet avait requis cinq ans de prison ferme et une amende de 200 000 dinars à l’encontre du journaliste. Le tribunal avait alors mis l’affaire en délibéré et fixé le prononcé du verdict au 8 novembre.
Contacté par Maghreb Emergent, Me Abdellah Haboul a indiqué que la défense entend faire appel du jugement. Cette démarche vise à soumettre le dossier à la cour d’Alger.
Des poursuites liées à des publications sur Facebook
L’affaire remonte au 5 février 2026, date de l’arrestation d’Abdelali Mezghiche à Alger. Le journaliste est poursuivi à la suite de publications sur sa page Facebook évoquant la colère d’habitants de Djanet, dans le sud-est du pays, après l’emprisonnement de figures locales.
Présenté devant le parquet du tribunal de Chéraga le 9 février, il avait été placé en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire de Koléa, où il était maintenu depuis.
Le dossier comporte cinq chefs d’inculpation, parmi lesquels la diffusion de publications susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national, l’incitation à un rassemblement non armé et la diffusion de fausses informations.
La défense invoque le caractère journalistique des publications
Lors de l’audience du 25 octobre, Abdelali Mezghiche avait contesté les faits qui lui sont reprochés. Selon les déclarations de son avocat à Maghreb Emergent, le journaliste avait soutenu avoir publié une information vraie et vérifiée, dans le cadre de son activité professionnelle.
Les débats avaient notamment porté sur une publication relative à un mouvement survenu dans le sud du pays, ainsi que sur des contacts et des contenus retrouvés dans le téléphone du journaliste au cours de l’enquête.
La défense, assurée par Mes Fatiha Rouibi et Abdellah Haboul, avait contesté les accusations et présenté ses arguments devant le tribunal.
En février 2026, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait également appelé à la libération du journaliste et à l’abandon des poursuites. L’organisation avait notamment exprimé ses préoccupations concernant le recours à des accusations liées à l’intérêt national dans cette affaire.



