La capitale nigérienne, Niamey, a accueilli le 8 avril 2026 la 5e session de la Commission mixte de coopération entre le Niger et le Maroc. À l’issue de cette rencontre, quatorze accords bilatéraux ont été signés, couvrant plusieurs secteurs économiques et institutionnels.
Selon la télévision publique nigérienne, les discussions ont réuni des responsables et experts des deux pays autour de priorités jugées stratégiques. Les accords portent notamment sur le transport, le commerce, l’industrie, l’agriculture, la formation professionnelle et l’habitat, ainsi que sur des volets institutionnels comme la justice et la coopération entre administrations.
Parmi les mesures adoptées figure un dispositif de transfèrement des personnes condamnées, permettant l’exécution des peines dans le pays d’origine.
Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Yaou Bakary Sangaré, a souligné le rôle du Maroc dans le maintien des relations avec Niamey depuis le changement de régime intervenu lors du coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger. Il a évoqué une intensification des coopérations financière, énergétique, agricole et sécuritaire sur cette période.
Du côté marocain, le chef de la diplomatie, Nasser Bourita, a rappelé la continuité de l’engagement de Rabat envers le Niger, à l’issue d’un entretien avec le président Abdourahamane Tiani.
Au-delà des accords sectoriels, cette séquence s’inscrit dans une stratégie plus large portée par Mohammed VI, visant à renforcer l’intégration économique entre le Maroc et les pays sahéliens. Une initiative lancée en 2025 prévoit notamment de faciliter l’accès des États enclavés du Sahel à l’Atlantique via les infrastructures portuaires marocaines, notamment à Tanger et Casablanca.
Pour le Niger, qui est confronté à des contraintes logistiques structurelles, cet axe pourrait représenter une diversification des débouchés commerciaux. Pour le Maroc, il s’agit de consolider son positionnement économique et logistique en Afrique de l’Ouest, dans un contexte de recomposition des alliances régionales.

