Selon les données de la BCR, relayées par le quotidien salvadorien “Diario El Mundo”, les remises familiales envoyées depuis l’Algérie ont atteint 100 000 dollars entre janvier et juin 2026, contre seulement 5 000 dollars un an plus tôt, soit une hausse spectaculaire de 1 882,4 %. Un taux qui place l’Algérie en tête des progressions, aux côtés du Guyana.
Avant d’imaginer une soudaine passion des Algériens pour les plages du Pacifique ou bien une mystérieuse route financière Alger-San Salvador, il convient toutefois de garder les pieds sur terre. Cette envolée résulte avant tout d’un effet de base : passer de 5 000 à 100 000 dollars suffit à produire un pourcentage impressionnant, sans pour autant représenter un flux significatif.
À titre de comparaison, le Salvador a reçu plus de 5,06 milliards de dollars de transferts familiaux durant le semestre, dont plus de 91 % proviennent des États-Unis, où vit une importante diaspora salvadorienne. Les 100 000 dollars enregistrés depuis l’Algérie représentent donc une fraction infinitésimale de ces flux.
Remises familiales
La Banque centrale salvadorienne précise qu’il s’agit exclusivement de remises familiales destinées aux ménages, et non de paiements commerciaux ou d’investissements. En revanche, elle ne fournit aucune explication sur l’origine de cette progression.
Plusieurs hypothèses peuvent être avancées avec prudence. Ces transferts pourraient provenir de salariés salvadoriens employés temporairement en Algérie par des entreprises multinationales, des organismes internationaux ou des sociétés d’ingénierie, qui envoient une partie de leurs revenus à leurs familles. Il peut également s’agir de quelques situations individuelles ou de couples binationaux. En l’absence de données complémentaires, il serait toutefois hasardeux d’aller au-delà de ces suppositions.
Cette curiosité statistique rappelle surtout que la mondialisation produit parfois des rapprochements inattendus. Derrière les immenses flux migratoires reliant les États-Unis au Salvador subsistent de minuscules courants financiers qui dessinent, eux aussi, une géographie discrète des mobilités internationales… jusque depuis l’Algérie.


