Diabète : un fléau pour 18 % des adultes algériens et 1,2 % du PIB national

Diabète : un fléau pour 18 % des adultes algériens et 1,2 % du PIB national

L’alerte a été lancée sans ambiguïté, jeudi 20 novembre à l’hôtel Marriott d’Alger. La rencontre organisée par l’ANPHA sur les « nouvelles frontières thérapeutiques » a servi de tribune à un diagnostic économique impitoyable : le diabète est en train de devenir un facteur de faillite sociale et budgétaire pour l’Algérie.

Les chiffres livrés par Miloud Kaddar, expert en économie de la santé, sont glaçants. Avec 18 % de la population adulte touchée — soit 4,8 millions de personnes — et une projection à 7,9 millions d’ici 2030, la maladie n’est plus une fatalité médicale mais une crise de santé publique qui coûte 2 milliards de dollars par an, l’équivalent de 1,2 % du PIB national. Une hémorragie sèche et constante.

Le poids sur les finances publiques est devenu insoutenable : 20 % du budget global de la santé s’y engouffre, sans parler des 54 milliards de dinars absorbés par la CNAS, soit près d’un tiers de ses dépenses. Douze mille vies sont perdues chaque année. La question n’est plus de savoir si l’on peut traiter le diabète, mais comment l’État peut financer durablement son aggravation alors que ses ressources se contractent.

L’addition fatale : sortir de la « consommation sociale » du médicament

Pour Miloud Kaddar, « la vraie question est celle de la soutenabilité. Peut-on financer durablement l’aggravation du diabète alors que les ressources publiques, elles, ne cessent de se contracter ? ». Son diagnostic est net : il faut sortir d’une gestion focalisée sur le médicament pour investir dans la prévention, la qualité du suivi et l’innovation.

Selon lui, 80 % des cas de diabète en Algérie découlent d’un suivi sanitaire insuffisant : manque de formation, inégalités d’accès à l’éducation thérapeutique, infrastructures inadaptées, et médication trop souvent choisie en fonction de la consommation sociale plutôt que de l’efficacité médicale.

Face à ce constat, l’expert appelle à des changements systémiques profonds. Première urgence : infléchir les comportements à la source en taxant de manière décisive le tabac, les produits sucrés et les produits gras — des leviers déjà activés avec succès dans plusieurs pays. L’État doit aussi moderniser sa prise en charge et encourager les innovations biomédicales et numériques. « Impossible d’éradiquer le diabète avec les seuls médicaments ; la clé réside dans les facteurs socio-économiques et organisationnels. »

Il faut, martèle l’expert, sortir d’une logique centrée sur le médicament pour investir dans le socio-économique et l’organisationnel.

La révolution numérique : l’intelligence artificielle contre la maladie

Face au mur, la solution d’avenir est la révolution numérique. Kaddar rappelle que les pays ayant investi dans l’intelligence artificielle et la télésurveillance ont généré jusqu’à 10 milliards de dollars d’économies tout en sauvant des vies.

Capteurs de glycémie en continu, pompes miniaturisées, télémédecine : ces technologies offrent un suivi personnalisé, une détection précoce des complications et renforcent l’autonomie du patient. Ces « codes d’accès » technologiques peuvent s’avérer plus efficaces que le remboursement systématique de la pharmacopée traditionnelle.

Mais pour que l’IA et le digital ne deviennent pas l’apanage de quelques privilégiés, il faut lever les barrières de coût, engager des réformes de fond, moderniser les infrastructures, former massivement et intégrer les innovations de manière souple dans un système d’information enfin cohérent.

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