Sur une période d’un an, d’avril 2025 à avril 2026, le dinar algérien a perdu 6,01 % de sa valeur face à l’euro sur le marché interbancaire officiel géré par la Banque d’Algérie. Sur la même période d’un an, il s’est en revanche légèrement apprécié de 0,85 % face au dollar américain, un mouvement étroitement lié à la faiblesse du billet vert sur les marchés mondiaux.
Le dinar algérien affiche un bilan contrasté sur le marché interbancaire. Les données officielles de la Banque d’Algérie, arrêtées au 14 avril 2026, le confirment clairement. La monnaie nationale recule face aux devises européennes sur un an. En revanche, elle résiste face au dollar américain. Face à l’euro, le recul annuel du dinar est net. Il faut désormais débourser 155,56 DZD pour un euro, contre 146,74 DZD le 9 avril 2025. Sur cette période d’un an, cela représente un glissement annuel de 6,01 %. En d’autres termes, le dinar a perdu plus de six points de valeur relative en douze mois face à la devise européenne.
De même, la livre sterling exerce une pression croissante sur le dinar. Un sterling s’échange aujourd’hui à 178,81 DZD, contre 171,94 DZD un an plus tôt. Le taux de dépréciation annuel atteint ainsi 3,99 % sur la période.
Face au dollar, le dinar se stabilise légèrement à la hausse
La situation est tout autre face au billet vert. Sur un an, le dinar s’est légèrement apprécié face au dollar américain. Le 14 avril 2026, un dollar s’échange à 132,12 DZD, contre 133,25 DZD le 7 avril 2025. Cette évolution représente une progression annuelle du dinar de 0,85 % en douze mois.
Ce résultat n’est toutefois pas le seul fruit d’une politique monétaire algérienne. Il faut en effet tenir compte d’un facteur externe déterminant : la faiblesse du dollar sur les marchés mondiaux.
Le rôle du dollar mondial : un facteur clé à ne pas négliger
Sur les marchés internationaux des changes, le dollar américain traverse une phase de dépréciation. L’indice DXY, qui mesure la valeur du dollar face à un panier de devises mondiales, a reculé significativement depuis début 2025. Or, le dinar algérien est étroitement lié au dollar, car l’Algérie libelle ses exportations d’hydrocarbures en dollars.
Dès lors, la légère hausse annuelle du dinar face au dollar reflète, en partie, ce mouvement global. Elle ne traduit pas nécessairement un renforcement intrinsèque de la monnaie nationale. Par conséquent, la dépréciation annuelle du dinar face à l’euro et à la livre sterling est encore plus significative qu’elle n’y paraît.
Un dinar qui se déprécie annuellement face à l’euro pèse directement sur les importations en provenance de la zone euro. L’Algérie importe massivement depuis la France, l’Espagne, l’Italie ou encore l’Allemagne. Toute dépréciation renchérit donc les achats extérieurs et alimente la pression inflationniste intérieure.
















