La dynamique des relations algéro-néerlandaises a été au cœur de la rencontre qui a réuni, mercredi à Alger, le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, et l’ambassadrice du Royaume des Pays-Bas en Algérie, Elisabeth Anne Luwema, venue lui rendre une visite de courtoisie. Cette entrevue s’inscrit dans une séquence diplomatique et économique. De plus, la période est marquée par une intensification des échanges et des signaux convergents en faveur d’un partenariat élargi. Cela concerne notamment les secteurs stratégiques.
Vers une dynamique renouvelée des relations bilatérales
À l’entame de la rencontre, Azouz Nasri a exprimé l’aspiration de l’Algérie, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, à œuvrer avec le nouveau gouvernement néerlandais afin « d’insuffler une dynamique qualitative et renouvelée aux relations bilatérales, dans un esprit de confiance, de respect mutuel et d’intérêts partagés ». Les deux responsables ont passé en revue l’état et les perspectives des relations algéro-néerlandaises. Par ailleurs, ils ont mis en avant l’existence d’un dialogue politique soutenu. Ils ont aussi souligné un potentiel économique jugé prometteur.
Sur le plan économique, le président du Conseil de la nation a insisté sur la nécessité de hisser la coopération « au niveau des potentialités disponibles ». Il a cité explicitement les secteurs de l’énergie et des énergies renouvelables, de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Il a également parlé de la gestion des ressources hydriques, ainsi que l’innovation et l’appui aux start-up. Il a également souligné les garanties offertes par le nouveau cadre juridique de l’investissement en Algérie. De plus, cet encadrement est de nature à renforcer l’attractivité du marché national pour les opérateurs néerlandais.
De son côté, l’ambassadrice des Pays-Bas a fait part de la volonté du nouveau gouvernement de son pays de « poursuivre un dialogue et une coopération constructifs avec l’Algérie », notamment dans les domaines de la transition énergétique, de la recherche scientifique, du sport et de la culture. Elle a aussi rappelé la profondeur historique des relations entre les deux pays. Celles-ci remontent au début du XVIIᵉ siècle.
Une présence économique de terrain : Mostaganem, Arzew et Chlef
Quelques jours avant cette rencontre institutionnelle, le chef de mission adjoint de l’ambassade des Pays-Bas, Anne Poorta, effectuait une visite de travail à Mostaganem, Arzew et Chlef. De ce fait, cette tournée illustre la dimension opérationnelle de cette coopération.
À Arzew, la délégation a visité le complexe Sonatrach GNL 3 ainsi que le port d’Arzew, deux infrastructures stratégiques pour l’énergie et la logistique. Par ailleurs, ces échanges ont mis en lumière les perspectives de coopération dans les domaines du transport, du développement portuaire et du maritime. D’ailleurs, ce sont des secteurs où l’expertise néerlandaise est reconnue à l’échelle internationale.
Dans le secteur agricole, la visite de l’établissement Benzaza à Mostaganem, engagé depuis plus de 28 ans dans un partenariat avec l’entreprise néerlandaise HZPC, a illustré une coopération durable fondée sur le transfert de savoir-faire et l’amélioration de la qualité des semences de pomme de terre. Cette approche contribue directement à la sécurité alimentaire et à la modernisation de l’agriculture algérienne. Par ailleurs, la visite du groupe Sendjasni, leader national de la filière avicole, a également mis en évidence des partenariats solides avec plus de dix entreprises néerlandaises. Ainsi, cela confirme l’ancrage des Pays-Bas dans les chaînes de valeur agroalimentaires algériennes.
Eau, énergie et hydrogène vert : des axes structurants
Cette coopération sectorielle s’est également illustrée au cours des derniers mois. En novembre, un séminaire consacré à la gestion durable de l’eau a réuni experts, chercheurs et entreprises des deux pays. Cet événement a mis en avant l’expertise néerlandaise en matière d’innovation hydraulique, de gestion intégrée des ressources et de résilience climatique. Par ailleurs, la participation notamment de l’IHE Delft Institute for Water Education a été remarquée.
En octobre, la présence néerlandaise au salon NAPEC à Oran a confirmé l’intérêt croissant des entreprises du Royaume pour le marché énergétique algérien. Des groupes comme Shell, Oxy-Com ou Impact Hydrogen, aux côtés de l’Agence néerlandaise de l’entrepreneuriat, ont mis l’accent sur la transition énergétique et le développement de l’hydrogène vert. Ce segment est appelé à jouer un rôle clé dans les années à venir.
Des échanges encore limités, mais des perspectives réelles
Sur le plan des échanges économiques, le volume du commerce bilatéral entre l’Algérie et les Pays-Bas demeure relativement modeste. Il se situe à quelques centaines de millions de dollars par an selon des données publiques de référence. Cela provient de sources statistiques néerlandaises et plateformes internationales comme Trading Economics. Les exportations néerlandaises vers l’Algérie concernent principalement les produits agroalimentaires, les équipements, les technologies liées à l’eau et à l’énergie. En revanche, les exportations algériennes restent dominées par les hydrocarbures.
Pour autant, la multiplication des visites, la diversification sectorielle des partenariats et l’alignement des priorités – énergie, agriculture, eau, innovation – traduisent une relation prometteuse. Elle est appelée à se renforcer. Si les échanges restent en deçà des potentialités affichées, les signaux actuels plaident pour un partenariat plus dense, pragmatique et tourné vers l’avenir.
















