La 22e édition de la fête de la figue sèche de Beni Maouche, dans la wilaya de Béjaïa, attire une foule nombreuse. Une forte affluence a été constatée vendredi 9 octobre, au deuxième jour de cette manifestation qui se déroule sur trois jours au marché hebdomadaire de la commune. Des milliers de visiteurs, venus de plusieurs régions d’Algérie, ont fait le déplacement pour découvrir les produits du terroir et acheter de la figue sèche, produit emblématique de la région.
Sur place, l’affluence était particulièrement importante. Les visiteurs se sont succédé dans les stands des producteurs, entre dégustations, échanges avec les agriculteurs et achats de figues sèches. Des produits locaux, notamment les amandes, le miel et différentes épices, étaient également proposés à la vente.
L’événement a attiré des visiteurs de nombreuses wilayas, notamment de Tizi Ouzou, Bouira, Bordj Bou Arréridj, Batna et Constantine. Des automobilistes venus de Khemis Miliana et même d’Oran ont également fait le déplacement pour prendre part à ce rendez-vous annuel.
Selon le secrétaire général de l’Association des figuiculteurs de Beni Maouche, M. Omar Bekkouche les visiteurs présents sur le site proviennent pratiquement des quatre coins du pays. Cette forte mobilisation témoigne de l’intérêt grandissant pour la figue sèche de la région et pour les produits du terroir proposés à l’occasion de cette manifestation.
L’affluence a même provoqué des difficultés de stationnement dans le centre de la commune. Le nombre important de véhicules a rendu difficile la recherche d’une place pour les visiteurs venus assister à cette 22e édition.
Figue sèche : des prix entre 1 800 et 3 200 dinars le kilo
Si les ventes ont animé les stands tout au long de la journée, les prix ont suscité des réactions chez certains acheteurs. Plusieurs visiteurs estiment que les tarifs sont légèrement plus élevés que lors de l’édition précédente.
Sur les étals, les prix de la figue sèche varient globalement entre 1 800 et 3 200 dinars le kilogramme, selon la variété, le calibre et la qualité du produit. La figue noire de grand calibre, considérée comme un produit de premier choix, figure parmi les plus chères. Son prix atteint généralement 3 000 à 3 200 dinars le kilo, voire davantage pour certaines qualités.
De son côté, Taâmriout, une autre variété proposée par les producteurs, s’affiche entre 2 000 et 2 800 dinars le kilogramme, avec des prix pouvant atteindre 3 000 dinars selon la qualité.
Interrogé sur cette évolution, un agriculteur exerçant dans le chef-lieu de Beni Maouche explique que la hausse des coûts de production contribue à renchérir le prix de la figue sèche. Il évoque également une demande de plus en plus importante pour ce produit sur le marché national.
Un autre producteur originaire du village d’Aguemoun souligne, pour sa part, que la demande dépasse largement l’offre pour la figue sèche de bonne qualité. Selon lui, les besoins augmentent d’une année à l’autre, tandis que la production ne progresse pas au même rythme, ce qui exerce une pression sur les prix.
Un troisième agriculteur, issu de la commune voisine de Beni Djellil, partage ce constat. Il estime que l’intérêt croissant des consommateurs pour la figue sèche accentue la tension entre l’offre et la demande.
Des pépinières pour répondre à la demande
Face à cet engouement, certains agriculteurs s’orientent également vers la production de plants de figuiers. La commune de Beni Maouche compte désormais plusieurs pépinières consacrées à la multiplication des arbres destinés à la production de figues sèches.
Cette activité pourrait contribuer à renforcer progressivement le potentiel de production local. Toutefois, l’augmentation des surfaces plantées ne peut répondre immédiatement à la demande, les figuiers nécessitant du temps avant d’atteindre leur pleine capacité de production.
La 22e édition de la fête de la figue sèche confirme ainsi l’importance économique et commerciale de cette filière pour la région de Beni Maouche. Au-delà de son caractère festif, le rendez-vous constitue une occasion pour les producteurs de commercialiser leurs récoltes, de rencontrer les consommateurs et de mettre en valeur un produit du terroir dont la demande continue de progresser en Algérie.


