Le ministère public espagnol a sollicité le classement définitif de la procédure engagée contre Ayoub Aissiou, estimant que les faits reprochés ne remplissent pas les critères légaux requis pour autoriser son renvoi.
“Faiblesses procédurales”
Selon les média, le parquet espagnol s’est fondé sur deux arguments juridiques centrés sur ce qu’il appelle des faiblesses procédurales récurrentes des requêtes transmises par Alger. Le premier argument porte sur la prescription des délits reprochés à Aissiou au regard du code pénal espagnol, la convention bilatérale algéro-espagnole dispose que l’infraction concernée soit punissable dans les deux Etats.
Par ailleurs, le parquet considère que le chef d’accusation de blanchiment présenté dans la demande d’extradition n’est pas accompagné d’une transmission d’éléments de preuve matérielle justifiant des poursuites.
Les avocats de AIssiou qui ont mené une campagne de communication intense ont présenté Ayoub Aissiou comme un “opposant politique” se sont largement appuyés sur la faiblesse “technique” de la demande d’extradition formulée par la justice algérienne.
Ayoub Aissiou, homme d’affaires, propriétaire notamment de la chaîne de télévision El Djazairia One, dont les activités se sont développées durant l’ère Bouteflika, fait l’objet, en Algérie, d’accusations portant sur des transferts de fonds illégaux, détournements de fonds, blanchiment d’argent…
Sous le coup de condamnations par défaut en Algérie totalisant 55 ans de prison pour des infractions financières, il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Il a été arrêté le 25 juillet dernier à l’aéroport de Barcelone-El Prat à la suite d’un mandat d’arrêt international.
La décision finale revient aux magistrats de l’Audiencia Nacional
Placé initialement en détention provisoire, l’Audiencia Nacional a ordonné sa mise en liberté provisoire en septembre avec contrôle judiciaire après 41 jours d’incarcération. La justice espagnole est particulièrement stricte dans l’examen des demandes d’extradition.
En janvier 2026, l’Audiencia Nacional avait déjà rejeté l’extradition de l’ancien sénateur algérien Abdelkader Djediâ, concluant que ses poursuites pour « outrage » relevaient de critiques politiques.
La décision finale sur le cas d’Ayoub Aissiou revient désormais aux magistrats de l’Audiencia Nacional, qui devront se prononcer sur la demande algérienne à la lumière des réquisitions du parquet. En règle générale, ces magistrats suivent les réquisitions du parquet.


