Foncier industriel en Algérie : 50 nouvelles zones en cours de livraison

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L’Algérie accélère la mise en service de ses zones industrielles. Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, l’a confirmé jeudi 16 avril 2026 devant le Conseil de la Nation, lors d’une séance consacrée aux questions orales. Les chiffres présentés dessinent une carte du foncier industriel en pleine transformation.

La plateforme numérique de l’investissement recense aujourd’hui 1 675 assiettes foncières, couvrant plus de 3 100 hectares. Parmi elles, 786 parcelles sont localisées dans 56 zones industrielles réparties sur 36 wilayas. Ces zones constituent le cœur du dispositif national de mise à disposition du foncier économique.

Sur les 50 zones recensées, l’état d’avancement varie sensiblement. Trente zones ont dépassé le seuil des 80 % d’aménagement, dont six sont d’ores et déjà pleinement opérationnelles. Dix autres zones affichent un taux compris entre 40 % et 80 %. Les dix dernières restent en dessous de 10 %, en raison d’obstacles financiers ou fonciers persistants.

Le ministre a précisé que la loi de finances 2026 permettra d’accélérer les travaux. La majorité des projets sera livrée dans l’année. Le reste suivra d’ici 2028.

Tizi Ouzou : une assiette foncière de 876 hectares

La wilaya de Tizi Ouzou détient une part significative dans ce dispositif. Elle dispose de 876 hectares de foncier industriel, répartis entre zones en exploitation et zones en cours d’aménagement.

Le projet phare de la zone industrielle “Souamaa”, d’une superficie de 372 hectares, a longtemps été bloqué par des litiges liés à l’expropriation. Des mesures concrètes ont été prises : coordination intersectorielle, inscription des indemnisations d’expropriation dans la loi de finances 2026, achèvement des études techniques. Le lancement effectif des travaux est prévu dans le cadre de la loi de finances 2027.

Les investisseurs face à la pénurie de foncier portuaire

Sur le terrain, les opérateurs économiques expriment leur frustration. Les zones industrielles situées à proximité des ports — Alger, Oran, Annaba, Béjaïa — souffrent d’une forte tension sur le foncier disponible. Les investisseurs se plaignent de l’indisponibilité des assiettes dans ces espaces stratégiques, où l’accès logistique conditionne directement la compétitivité de leurs projets.

Cette pénurie freine des décisions d’investissement, notamment dans les secteurs exportateurs et les industries à forte rotation de marchandises.

Un rééquilibrage de l’offre foncière attendu

La réception progressive de ces nouvelles zones industrielles devrait atténuer cette pression. Elle élargit l’offre de foncier destiné à l’investissement au-delà des pôles saturés. Des wilayas comme Ouled Djellal ou El Bayadh, classées zones prioritaires, bénéficient également de nouvelles zones d’activités inscrites dans les prochaines lois de finances.

Cette dynamique renforce l’attractivité de territoires jusqu’ici sous-dotés en infrastructures industrielles. Elle traduit aussi la volonté de corriger les déséquilibres géographiques dans l’accès au foncier économique.

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