Incendies en Algérie : à peine indemnisées pour juillet, les mêmes wilayas à nouveau ravagées

Jijel, Béjaïa et Skikda n'avaient pas fini de solder leurs pertes agricoles de juillet que les mêmes wilayas subissent, depuis le 26 août, une vague d'incendies plus meurtrière que la précédente.

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Un agent de la Protection civile face aux flammes lors des incendies qui ont ravagé plusieurs wilayas de l'Est algérien fin août 2026. ©Protection civile
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D’année en année, ce sont presque toujours les mêmes wilayas de l’Est et de la Kabylie, Jijel, Béjaïa, Skikda, Tizi Ouzou, El Tarf, qui referment et rouvrent les bilans des feux de forêt en Algérie. Depuis le sinistre de l’été 2021, les autorités ont multiplié les annonces d’acquisition de moyens aériens et de plans de prévention, sans que la fréquence des épisodes meurtriers ne recule de façon durable d’une saison à l’autre.

En 2021, la vague qui avait ravagé la Kabylie avait fait grimper le bilan officiel à 65 morts, dont 28 militaires, en quelques jours, avant qu’une estimation agrégée par les médias, faute de nouveau bilan global, ne l’évalue à près de 90 quelques jours plus tard. En 2022, le ministère de l’Intérieur avait dénombré 47 décès, 1 607 foyers et près de 28 000 hectares détruits. L’année 2023 avait coûté la vie à 34 personnes, dont dix militaires, pour plus de 41 000 hectares ravagés. Les deux saisons suivantes avaient marqué un net répit, avec 732 foyers et environ 3 484 hectares en 2024, l’un des niveaux les plus bas depuis l’indépendance, puis 5 289 hectares en 2025. Le délégué national aux risques majeurs, Hamid Afra, avait pourtant averti dès 2024 que les incendies de forêt en Algérie restaient «d’origine humaine», qu’il s’agisse d’un acte criminel délibéré ou d’un comportement non intentionnel.

Certes, le repli des surfaces brûlées en 2024 et 2025 avait semblé valider les investissements consentis depuis 2021 dans les avions bombardiers d’eau Beriev Be-200 et Air Tractor AT-802. Néanmoins, la saison 2026 a effacé ces deux années de répit en quelques semaines.

Mercredi 26 août au soir, le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a annoncé depuis Béjaïa un bilan national de douze morts, cinq à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou, ainsi que cinquante-quatre blessés, dont six en soins intensifs, ce qui a conduit les autorités à décréter un deuil national de trois jours.

Sur le terrain, plusieurs communes de la wilaya de Jijel, dont Béni Habibi, ont publié depuis jeudi des avis invitant les familles de victimes des incendies à se présenter dans les hôpitaux de Jijel et d’El Milia, munies d’une pièce d’identité, pour achever les procédures de reconnaissance des corps. Ces listes, qui totalisent plusieurs dizaines de noms selon des relais locaux comme la page Nass Jijel, suggèrent un bilan humain à Jijel largement supérieur au chiffre national communiqué par le ministère de l’Intérieur, aucune source officielle n’ayant pour l’instant confirmé de bilan actualisé pour la seule wilaya.

Le lendemain, la Protection civile comptabilisait 193 foyers sur treize wilayas, avant que le bilan du 28 août, à 7 heures, ne fasse état de 174 nouveaux départs de feu en une seule journée, concentrés une nouvelle fois sur Jijel et Skikda.

Cette nouvelle vague retombe sur un dossier que le ministère de l’Intérieur n’avait pas fini de clore. Un premier épisode avait déjà coûté la vie à deux personnes à Béjaïa et Sétif dès la mi-juillet, avec plus de 100 hectares de vergers ravagés à Beni Maouche, avant que la vague ne s’étende à dix-sept wilayas au total, pour 1 968 incendies depuis le 8 juillet. Les commissions d’évaluation locales et nationales n’avaient clôturé leurs travaux que le 11 août, et la remise des décisions d’indemnisation, agricoles comprises, se poursuivait commune par commune depuis le 18 août, avec pour échéance ultime le 31 août, soit trois jours après le nouveau bilan meurtrier.

Interrogé le 27 août à la sortie de l’hôpital de Souk El-Tenine, où il rendait visite aux blessés de Béjaïa, Saïd Sayoud a qualifié le bilan national de «lourde», avant de préciser que les opérations d’évacuation et d’extinction se poursuivaient dans plusieurs wilayas de l’Est.

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