À Melbou, à une quarantaine de Km à l’est de Bejaia, le feu est passé, mais la vie n’a pas encore repris son cours normal. Une semaine après les incendies qui ont ravagé plusieurs communes de cette région de Béjaïa, dont Melbou, Tamridjet, Souk El Tenine, Laalam et Darguina, des habitants vivent toujours avec des coupures d’eau et d’électricité, tandis que le réseau mobile reste fortement perturbé.
Mercredi dernier, lorsque les incendies ont embrasé la région, l’électricité, l’eau courante et le réseau de téléphonie mobile ont été totalement interrompus dans plusieurs localités. Il aura fallu attendre plus de deux jours pour voir les premiers signes de rétablissement, encore partiels.
Depuis, la situation s’est améliorée dans certains quartiers, mais reste difficile dans d’autres. Dans plusieurs villages, l’électricité et l’eau courante ne sont toujours pas revenues. Ailleurs, comme à Tizi El Oued, une zone d’habitation dépendante de la commune de Melbou, au chef lieu de commune ou encore au centre de Souk El Tenine, les réseaux fonctionnent de manière intermittente.
Quelques heures d’eau par jour
À Tizi El Oued, l’eau courante n’est disponible que quelques heures par jour et avec une pression très faible. Une situation qui oblige les habitants à s’organiser pour constituer des réserves.
Bidons de 20 ou 30 litres, bassines et citernes ont fait leur apparition dans les foyers. Les camions-citernes continuent, eux aussi, à approvisionner les habitants en eau.
Face à cette situation, certains habitants estiment toutefois qu’il n’est pas nécessaire d’investir dans des réserves d’eau. Fahima et Sonia, habitantes de Tizi El Oued, préfèrent attendre le rétablissement du programme habituel d’alimentation en eau 24 heures sur 24, qui devrait, selon elles, reprendre une fois la crise passée.
Cette pénurie reste néanmoins une situation inhabituelle pour les habitants de la région, contraints désormais de prévoir des réserves d’eau pour les besoins quotidiens.
Des coupures d’électricité qui persistent
L’électricité constitue une autre difficulté majeure. Dans les quartiers où elle a été rétablie, les coupures continuent de se produire plusieurs fois par jour.
Pour les habitants, les conséquences dépassent l’inconfort. Des appareils électriques ont été endommagés par les interruptions et variations du courant, tandis que les fortes chaleurs rendent les coupures particulièrement difficiles à supporter dans les logements dépourvus de climatisation.
Après plusieurs jours passés dans des conditions exceptionnelles, ces perturbations compliquent également le retour aux activités habituelles.
Le réseau mobile reste lui aussi très dégradé. Les habitants signalent des difficultés à passer des appels ou à maintenir une connexion suffisante, ce qui affecte les communications avec les proches mais également le télétravail et certaines activités professionnelles.
Dans les villages, les aides sont arrivées, mais les réseaux manquent toujours
Dans les villages les plus reculés, comme à Tamridjet à une dizaine de Km au sud de Souk El Tenine, les habitants rencontrés affirment avoir reçu les aides et les produits nécessaires après le passage des incendies.
Mais l’absence persistante d’eau et d’électricité rend leur quotidien particulièrement difficile. Dans ces localités durement touchées, les habitants tentent de reprendre une vie ordinaire au milieu des traces laissées par les flammes.
La cendre est partout. Elle recouvre encore les paysages et rappelle l’ampleur des incendies qui ont traversé la région.
Pour ces habitants, l’urgence n’est donc plus seulement de faire face au feu, désormais éteint, mais de retrouver les services essentiels qui permettent de vivre normalement.
Une situation toujours sans communication officielle
Une semaine après les incendies, aucune communication officielle spécifique n’a, selon les informations recueillies sur le terrain, permis de faire le point sur la persistance des coupures d’eau, d’électricité et les perturbations du réseau mobile dans les zones concernées.
Pour les habitants, cette absence d’informations entretient l’incertitude sur les délais nécessaires au rétablissement complet des réseaux.
À Melbou, comme à Tizi El Oued et Souk El Tenine, le retour à la normale se fait donc au ralenti. Les flammes ont disparu, mais leurs conséquences continuent de rythmer le quotidien des habitants.



