Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a effectué jeudi une visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Oum El Bouaghi. Ce déplacement l’a conduit dans plusieurs unités de production et zones industrielles, notamment à Aïn M’lila, Aïn Beïda et Meskiana.
Cette wilaya compte plusieurs activités liées à l’industrie mécanique et à la sous-traitance automobile. Le ministre a annoncé que l’Algérie dispose d’environ 200 entreprises spécialisées dans la fabrication de pièces détachées, d’équipements pour véhicules, d’huiles et d’autres produits destinés à l’industrie. Il a également inauguré une unité industrielle et inspecté plusieurs sites confrontés à des difficultés d’exploitation.
Des unités de production inaugurées et des ambitions pour Aïn M’lila
À Oum El Bouaghi, le ministre a inauguré une unité de transformation du plastique destinée à l’industrie pharmaceutique. Située dans la zone d’activités du chef-lieu de wilaya, cette installation représente un investissement de 720 millions de dinars. Elle dispose d’une capacité annuelle de production de 102 millions d’unités et emploie 90 travailleurs.
À Aïn M’lila, Farid Kourtel a visité plusieurs unités, notamment dans la fabrication de plaquettes et de systèmes de freinage pour automobiles, ainsi que dans la production d’huiles dérivées du pétrole. Selon la radio locale, le ministre a salué le développement industriel de cette commune. « Il n’y a aucune autre zone dans le pays qui compte autant d’usines et une telle diversité de produits qu’Aïn M’lila », a-t-il déclaré.
Il a également estimé que la région était en train de devenir « un véritable pôle industriel dans la sous-traitance mécanique et la fabrication d’équipements pour véhicules ». Le ministre a évoqué la possibilité d’élargir cette dynamique à d’autres activités industrielles.
200 entreprises de sous-traitance pour accompagner les constructeurs
La présence d’environ 200 entreprises constitue, selon le ministre, une base sur laquelle l’Algérie veut s’appuyer pour développer une industrie automobile plus intégrée. Le pays cherche à renforcer la production locale et à réduire sa dépendance aux importations de pièces et d’équipements.
Farid Kourtel a annoncé la mise en place d’une base de données regroupant les entreprises de sous-traitance. Les informations sur leurs capacités de production et leurs produits doivent être accessibles aux usines de montage et aux constructeurs automobiles.
L’enjeu est de permettre aux industriels de mieux identifier les fournisseurs locaux capables de répondre à leurs besoins. Le ministre a insisté sur la nécessité de respecter les normes de qualité.
Il a aussi affirmé que les pouvoirs publics entendaient accompagner les entreprises candidates à l’investissement dans la construction automobile. L’objectif affiché est de leur permettre de trouver des partenaires locaux et de répondre aux besoins des futurs projets industriels.
Usine textile fermée, équipements dépassés et terrains inexploités
La visite a également mis en évidence plusieurs difficultés. À Meskiana, le ministre s’est rendu dans une usine textile fermée depuis près de vingt ans. La relance du site nécessiterait environ 300 milliards de centimes, soit 3 milliards de dinars.
Mais le financement ne constitue pas le seul obstacle. Farid Kourtel a reconnu que les équipements étaient vétustes et ne permettaient pas d’obtenir les résultats attendus. Même si les fonds nécessaires étaient mobilisés, la remise en marche de l’usine dans son activité d’origine resterait donc problématique.
Le ministre a demandé une réévaluation des biens du site afin d’étudier les offres d’investisseurs intéressés. Si la reprise de l’activité textile s’avère impossible, d’autres projets industriels pourront être envisagés, en fonction des besoins de la région.
À Aïn Beïda, la situation du foncier industriel a également été soulevée. Selon le ministre, 60 lots attribués restent inexploités. Il a jugé cette situation « illogique » et demandé la récupération des terrains qui n’ont pas donné lieu à la réalisation de projets.
Ces constats posent la question du suivi des attributions de foncier industriel et de la sélection des bénéficiaires. Pour les autorités, les terrains doivent revenir aux investisseurs capables de concrétiser leurs engagements et de créer une activité réelle.



