Le gaz du Golfe en feu : Israël attaque les infrastructures, l’Iran riposte, le Qatar entre deux feux

Maghreb Emergent
3 min de lecture
L'Iran a riposté aux attaques israéliennes en ciblant les installations de Ras Laffan sur la côte qatarie.

Les violentes attaques israéliennes contre les infrastructures gazières iraniennes de South Pars, suivies d’une riposte de Téhéran visant le Qatar, ont fait basculer les tensions régionales au cœur du système énergétique du Golfe, avec des effets immédiats sur plusieurs pays et sur les marchés.

Selon les autorités iraniennes, le site gazier de South Pars, situé dans la province de Bouchehr, a été touché « par des projectiles de l’ennemi américano-sioniste ». Ce gisement offshore, partagé avec le Qatar sous le nom de South Pars/North Dome, constitue la plus grande réserve de gaz au monde. Plusieurs unités du site d’Asaluyeh, qui traite le gaz extrait de ce champ, ont été endommagées.

Des frappes ont également été signalées à proximité de la centrale nucléaire de Bushehr. L’Agence internationale de l’énergie atomique a indiqué qu’aucun dommage au réacteur ni fuite radioactive n’avaient été constatés.

Téhéran a rapidement haussé le ton. Le président Massoud Pezeshkian a mis en garde contre des « conséquences incontrôlables » susceptibles de « submerger le monde entier », tandis que le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé qu’une « logique de loi du talion » était désormais engagée, évoquant « un nouveau niveau de confrontation ».

Quelques heures plus tard, la riposte iranienne s’est matérialisée. La zone industrielle de Ras Laffan, principal hub gazier du Qatar, a été visée par des missiles. Un incendie y a provoqué des dégâts jugés « considérables » par le ministère de l’Intérieur, tandis que QatarEnergy a précisé que l’ensemble du personnel avait été localisé et qu’aucune victime n’était à déplorer à ce stade.

Le Qatar en position délicate

Le Qatar avait auparavant condamné les frappes israéliennes contre South Pars, les qualifiant de « dangereuses » pour la sécurité énergétique. Il se retrouve désormais dans une position délicate : partenaire du gisement visé côté iranien, il devient simultanément le théâtre de la riposte, avec une atteinte directe à ses propres infrastructures.

L’escalade s’étend à l’ensemble de la région. À Riyad, les autorités saoudiennes ont annoncé l’interception de quatre missiles balistiques en direction de la capitale, tandis que plusieurs explosions ont été entendues. En Irak, le ministère de l’électricité a indiqué que l’approvisionnement en gaz iranien des centrales électriques s’était « totalement interrompu » mercredi, en raison des développements en cours.

Les marchés de l’énergie ont réagi immédiatement. Le prix du Brent a progressé de plus de 5 % après les frappes sur South Pars, se rapprochant des 110 dollars le baril. Dans le même temps, les prix du gaz naturel ont dépassé les 55 €/MWh.

Partager cet article