Le Brent atteint 116 dollars après l’escalade israélo-iranienne sur le gaz

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Mercredi 18 mars au soir, des missiles frappaient South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel connu au monde. Moins de douze heures plus tard, les marchés ont vite répondu. Le Brent atteignait 116,15 dollars le baril ce jeudi matin, en hausse de 8,17 %, tandis que le WTI se stabilisait autour de 96,63 dollars, selon les cotations relevées à 09h49.

La frappe sur South Pars, partagé entre l’Iran et le Qatar et crucial pour l’économie iranienne, est imputée à Israël avec coordination américaine. Elle a affecté environ 12 % de la production gazière iranienne, selon Reuters. La réaction avait été immédiate : le Brent avait d’abord grimpé vers les 108 dollars, avant de s’approcher des 110 dollars.

Une logique de loi du talion

La riposte iranienne n’a pas tardé. Dans la nuit du 18 au 19 mars, l’Iran a lancé une série de frappes contre le Golfe, touchant notamment le Qatar, qui a fait état de «dégâts considérables» sur sa principale installation gazière de Ras Laffan, dénonçant «une menace directe à sa sécurité nationale» et ordonnant l’expulsion de deux diplomates iraniens.

Ce jeudi matin, la télévision d’État iranienne a indiqué qu’un missile avait frappé à nouveau le site qatari, déjà endommagé la veille. «La raffinerie de Ras Laffan a été frappée de nouveau par un missile, ça brûle», a affirmé la chaîne sur Telegram.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a posé la doctrine de Téhéran dans des termes sans équivoque. «Une logique de loi du talion est désormais en vigueur et un nouveau niveau de confrontation a commencé», a-t-il écrit sur X.

Les Gardiens de la Révolution ont durci le ton dans la même soirée. «Si cela se reproduit, les attaques contre vos infrastructures énergétiques et celles de vos alliés ne cesseront pas avant leur destruction totale», ont-ils averti dans un communiqué diffusé par les agences Irib et Fars.

Un pétrolier prend feu au large de Khor Fakkan

Le Brent avait terminé la séance de mercredi en hausse de 3,83 %, à 107,38 dollars le baril. Les analystes d’ING estiment que les réductions d’offre aux Émirats arabes unis, au Koweït, en Irak et en Arabie saoudite représentent désormais environ huit millions de barils par jour.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent en temps normal un cinquième des échanges mondiaux d’hydrocarbures, est quasiment paralysé depuis le début du conflit. À cette perturbation s’ajoute un signal plus anxiogène encore : un navire a été touché jeudi par un «projectile inconnu» à l’est des Émirats arabes unis dans le golfe d’Oman, à une vingtaine de kilomètres de Khor Fakkan, au sud du détroit.

Pour John Kilduff, analyste chez Again Capital, «peu importe» l’ampleur des dégâts, la frappe sur South Pars constitue «une ligne rouge» pour Téhéran. «C’est une nouvelle escalade : juste quand on se dit que ça ne peut pas être pire, ça trouve le moyen de l’être.»

Trump dément, puis menace

Donald Trump a affirmé que les États-Unis «ne savaient rien» de la frappe israélienne sur South Pars, une version contredite par plusieurs sources évoquant un feu vert politique donné en amont. Dans la foulée, le président américain a néanmoins menacé de détruire lui-même le champ gazier iranien.

Emmanuel Macron a proposé ce jeudi un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles, après avoir échangé avec Trump et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

Le conflit a fait en trois semaines plus de 2 200 morts, en grande majorité en Iran et au Liban. À Téhéran, les funérailles d’Ali Larijani, chef de la sécurité nationale tué par Israël, sont prévues ce jeudi à Qom. Le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, dont certains responsables américains et israéliens disent qu’il serait «défiguré» ou blessé à la jambe, n’est pas apparu publiquement depuis sa désignation le 8 mars.

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